Le Christ doit avoir en tout la primauté

Soleure: installation de Mgr Kurt Koch comme évêque de Bâle (230296)

Soleure, 23février(APIC) Le nouvel évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, a officiellement pris sa charge vendredi à la cathédrale St-Ours de Soleure. La

fête a rassemblé une trentaine d’évêques dont deux cardinaux, dix Abbés,

quelque trois cents prêtres et des centaines de fidèles massés dans la cathédrale et dans l’église des jésuites voisine. Le nouvel évêque a placé son

épiscopat sous la devise: «Soleure: installation de Mgr Kurt Koch comme évêque de Bâle (230296)».

En ouverture de la cérémonie, Mgr Anton Cadotsch, prévôt du chapitre

cathédral qui a élu Mgr Koch le 21 août dernier, a lu la bulle du pape Jean

Paul II confirmant cette élection. Cette lecture a immédiatement été suivie

de la passation des pouvoirs, puisque Mgr Kurt Koch a déjà reçu l’ordination épiscopale à Rome le 6 janvier dernier. Mgr Joseph Candolfi, administrateur diocésain, a remis au nouvel évêque, sous les applaudissements de

l’assemblée, la crosse épiscopale de Mgr Christoph Blarer de Wartensee,

prince-évêque de Bâle à la fin du XVIe siècle. Mgr Koch a ensuite pris possession de son siège épiscopal ou cathèdre, geste qui indique son entrée en

fonction. Le chant du credo rappelle alors que le ministère épiscopal ne

peut se concevoir que dans la foi commune de l’Eglise reçue des apôtres.

Après la lecture en français du passage de l’Evangile de Matthieu où

Pierre reconnaît en Jésus le «Christ, Fils du Dieu vivant», l’Evangile a

été remis à un enfant, puis il a passé de mains en mains dans l’assemblée

pour manifester que les chrétiens sont rassemblés autour de la parole de

Dieu. Mgr Koch a centré son homélie sur l’importance de chercher et de

suivre les traces de la présence de Dieu dans nos vies et dans la vie de

l’Eglise. Si nous ne gardons pas les yeux de la foi ouverts, nous courons

le danger de tomber dans un ’athéisme ecclésial’, avertit le nouvel évêque.

Paroles trop dures pour un jour de fête? Il faut parler aujourd’hui d’une

crise de la foi, insiste Mgr Koch. Le choix de sa devise épiscopale: «Le

Christ doit avoir en tout la primauté» exprime bien ce souci.

La lune qui reflète la lumière du Christ-soleil

L’Eglise doit être la lune qui reflète la lumière du Christ-soleil, et

non pas vouloir être le soleil elle-même, explique Mgr Koch. «L’évêque a le

devoir de veiller à ce que les communautés chrétiennes ne deviennent pas

des associations auto-organisées par des gens dotés de talents ou de besoins religieux dans une sorte de fourre-tout religieux. Lorsque le Christ

interroge ses apôtres: ’Et vous, qui dites vous que je suis?’ Il ne s’agit

d’une ’question à choix multiples’», relève Mgr Koch.

Après l’homélie, les délégués des conseils pastoraux de l’ensemble du

diocèse sont venus dire à l’évêque leur volonté de marcher avec lui sur la

route. La présence des autres communautés chrétiennes a été marquée par des

intentions de prière lues par des délégués réformés, orthodoxes, et

catholiques-chrétiens.

Quant aux 100’000 catholiques francophones du diocèse de Bâle, leur

présence s’est exprimée à travers les voix du choeur des Céciliennes du

Jura associé pour la circonstance au choeur de la cathédrale.

Pour manifester le lien avec l’Eglise universelle, la collecte du jour a

été faite pour un projet en faveur de la jeunesse étudiante chrétienne

(JEC) en Afrique soutenu par l’Action de Carême dont Mgr Koch a la responsabilité au sein de la Conférence des évêque suisses.

A la fin de la célébration, des enfants ont apporté les drapeaux des dix

cantons du diocèse, de dix pays d’Europe et de l’Europe. Pendant que Peter

Plattner, président de la Conférence des Collectivités ecclésiastiques cantonales catholiques. affirmait la volonté des fidèles de soutenir leur évêque dans son activité au service de la société.

La cérémonie s’est achevée par une pensée du nouvel évêque à l’adresse

de son prédécesseur, Jean-Georges Vogel, qu’il a remercié pour ce qu’il a

fait pour le diocèse. «Le fait qu’il ne soit pas présent aujourd’hui relève

de sa décision personnelle». Les remerciements de Mgr Koch sont également

allés à Mgr Candolfi, qui a assuré la direction du diocèse durant la vacance ainsi qu’à Mgr Rauber, nonce apostolique à Berne, qui est aux yeux de

Mgr Koch «une bénédiction pour la Suisse».

Encadré

Echanges des déclarations de loyauté (210296)

Avant la célébration de l’après-midi, le nouvel évêque a rencontré dans la

matinée les représentants des dix cantons du diocèse pour une «déclaration

de loyauté».

Mgr Koch, qui s’est exprimé en allemand et en français, a rappelé que

l’Etat et l’Eglise doivent savoir rester critiques l’un envers l’autre en

toute loyauté. Il a promis devant cette assemblée de respecter la Constitution suisse, de préserver les bonnes relations entre l’Eglise catholique et

les autorités cantonales et fédérales et de maintenir la paix religieuse.

De son côté Thomas Wallner, landammann de Soleure et président de la Conférence diocésaine a fait une promesse réciproque à l’évêque, devant l’assemblée réunie dans la salle du Grand-Conseil de Soleure. La Conférence diocésaine a offert au nouvel évêque une bibliothèque pour «ranger les livres

qu’il désire avoir près de lui».

Cette cérémonie s’explique par le concordat qui depuis 1828 régit les

relations entre le Saint-Siège et les cantons du diocèse. Cet accord donne

notamment aux cantons un droit de regard lors de l’élection de l’évêque de

Bâle. La Conférence diocésaine doit donner son aval aux six candidats désignés par le chapitre cathédral. L’évêque est ensuite élu par le dit chapitre. Rappelons en outre que la Constitution fédérale maintient toujours un

article interdisant la modification ou la création d’évêchés en Suisse sans

l’approbation de la Confédération. (apic/mp)

Encadré

Biographie de Mgr Kurt Koch

Qualifié par certains de «ni progressiste ni conservateur», Mgr Kurt Koch

aurait tout aussi bien pu devenir un curé de paroisse, estime l’un de ses

amis, mais ses capacités particulières l’ont conduit tout naturellement

vers la carrière académique.

Né en 1950 à Emmenbrücke, dans le canton de Lucerne, Kurt Koch sent dès

l’âge de l’école primaire, l’appel au sacerdoce. Il a étudié la théologie à

Lucerne et à Munich. De 1977 à 1982, il est assistant scientifique à la Faculté de théologie de Lucerne, et après son ordination sacerdotale, vicaire

à Berne de 1982 à 1985.

Kurt Koch rentre à Lucerne en 1985 comme chargé de cours pour la dogmatique et la théologie morale à l’Institut catéchétique. En 1989, il est

nommé professeur de théologie dogmatique et de liturgie à la Faculté théologique de Lucerne. Avant même d’avoir rédigé sa thèse de doctorat en 1987,

Kurt Koch avait publié de nombreux écrits et livres. Depuis le 1er octobre

dernier, il était recteur de l’Institut universitaire de Lucerne (Hochschule) et doyen de la Faculté de théologie catholique. (apic/mp)

Encadré

Les insignes de la charge épiscopale

Dans l’Eglise catholique, la charge de l’évêque est traditionnellement symbolisée par quatre insignes.

La crosse ou bâton de pasteur de Mgr Koch est celle du Prince-évêque de

Bâle Christoph Blarer von Wartensee. Cet évêque a dirigé le diocèse au lendemain du Concile de Trente à une époque où l’Eglise était confrontée à de

graves problèmes. Inspiré par Charles Borromée et aidé par Pierre Canisius,

il eut à coeur de renouveler la vie religieuse des paroisses en particulier

par la formation des prêtres en créant un séminaire à Porrentruy.

L’Evangile rappelle que la charge première de l’évêque est la proclamation de la Bonne Nouvelle du Christ. Mgr Koch s’est vu remettre un évangéliaire du XIIe siècle appartenant au trésor de la cathédrale.

L’anneau épiscopal, signe d’alliance et de fidélité, est une oeuvre

contemporaine de l’orfèvre lucernois René Liefert. Il porte d’un côté les

armes du diocèse de Bâle et de l’autre une simple croix.

La croix pectorale de Mgr Koch est elle aussi due à René Liefert. Cette

croix en or est ornée de quatre améthystes africaines formant elles-mêmes

une croix. Elle porte au revers en latin la devise de l’évêque.(apic/mp)

Encadré

Histoire des évêques de Bâle

Les éditions universitaires de Fribourg ont saisi l’occasion de la nomination de Mgr Koch pour publier une histoire des évêques de Bâle depuis 1794.

L’ouvrage en allemand retrace la biographie et les oeuvres des évêques sucessifs jusqu’à Mgr Vogel et sa démission pour cause de paternité en juin

dernier. Quant à Mgr Koch il a été sollicité pour la préface du livre.

(apic/mp)

Urban Fink, Stephan Leimburger, Markus Ries (Hrsg): «Die Bischöfe von Basel

1794-1995», Fribourg, 1996, 444 p.

23 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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