La mise à mort de Moby Dick
Soleure : Le diocèse de Bâle réagit à de vieilles accusations de pédophilie
Soleure, 13 février 2008 (Apic) Après la diffusion d’une « information irresponsable »au sujet d’un « ancien cas d’abus présumé » dans le diocèse de Bâle, le vicaire général Roland B. Trauffer réagit par une lettre ouverte intitulée « Soleure : Le diocèse de Bâle réagit à de vieilles accusations de pédophilie » (Moby Dick und wie man ihn schlachtet). L’acharnement des médias ne vise pas, selon lui, à empêcher les abus sexuels mais à entraver l’Eglise catholique.
Toute forme d’abus sexuel est bien entendu inexcusable et doit être poursuivie légalement, assure le vicaire général du diocèse de Bâle. Mais jusqu’à ce que la faute soit prouvée clairement, c’est toujours la présomption d’innocence qui prévaut.
Le dominicain souligne que dans le cas de l’Eglise, cependant, « en raison des modèles de pensée qui se reproduisent sans cesse », un « soupçon de faute demeure jusqu’à la preuve de l’innocence ». Ainsi, le Père Trauffer pointe du doigt des compte-rendu du « Tagesanzeiger » zurichois du 9 février, de la « Sonntagszeitung » du 10 février et du « Wort zum Sonntag » du 2 février, au sujet « d’un cas vieux de 60 ans d’abus présumé dans le diocèse de Bâle ». Selon lui, le fait de ressortir « des faits difficiles à reconstituer » relatifs à « un cas présumé d’abus remontant à la 2e guerre mondiale » est une atteinte à toute éthique journalistique.
Par la suite, tous les prêtres catholiques sont considérés comme des abuseurs d’enfants potentiels, au lien de voir dans leur célibat un témoignage de foi radical, ajoute le vicaire général. « En tant qu’êtres humains, nous sommes libres, et la vraie liberté comprend effectivement la possibilité de l’abus, du péché », admet le Père Trauffer. Mais les statistiques montrent aussi que la pédophilie se déroule « dans la grande majorité des cas dans le cadre familial ».
Le religieux compare l’Eglise avec Moby Dick, « dont les tripes qui exaltent traditionnellement un parfum conversion et d’humilité doivent être arrachées ». Le « véritable programme derrière les accusations » ne consiste pas à empêcher la violence sexuelle qui existe réellement, mais à empêcher l’Eglise catholique dans son existence réelle. (apic/com/ak/bb)



