Distinction « contre-productive » à la paroisse de Röschenz

Soleure: Lettre ouverte de Mgr Kurt Koch au théologien Hans Küng

Soleure, 29 mars 2006 (Apic) «Injustifiée, inopportune et contre-productive en vue d’une résolution du conflit ». Tels sont les termes utilisés par Mgr Kurt Koch pour qualifier la remise du Prix Herbert Haag à la paroisse catholique de Röschenz. L’évêque de Bâle s’est exprimé dans une lettre ouverte, publiée le 28 mars sur le site internet du diocèse, adressée à Hans Küng, président de la Fondation Herbert Haag.

Mgr Koch reproche au théologien d’avoir adopté de façon unilatérale et partiale le point de vue de la paroisse de Röschenz dans son allocution lors de la remise du prix le 20 mars dernier à Lucerne et d’avoir minimisé de manière inacceptable les fautes commises par l’abbé Franz Sabo dans cette affaire.

Dans sa lettre ouverte, l’évêque de Bâle s’en prend personnellement à Hans Küng, coupable à ses yeux d’avoir repris à son compte « l’infâme calomnie » du conseil paroissial de Röschenz, selon laquelle l’évêque aurait « fait du mobbing à l’égard de l’administrateur paroissial Franz Sabo en lien avec une dénonciation injustifiée sur une abus présumé commis sur un enfant ». Küng ne semble pas s’être intéressé à savoir comment toute cette affaire s’est passée, selon Mgr Koch. Il n’a dans tous les cas demandé à personne, au niveau de la direction du diocèse, comment est perçue par elle la problématique.

Mauvais service aux discussions entre évêques et PDC

Mgr Koch s’en prend également à la conseillère nationale PDC Rosmarie Zapfl, qui a prononcé une allocution lors de la remise du Prix Herbert Haag. Avec ses attaques complètement partiales contre l’Eglise, la politicienne a rendu un mauvais service aux nouvelles relations entreprises entre le PDC et les évêques suisses.

Selon l’évêque de Bâle, l’abbé Sabo sait exactement que « la paroisse de Röschenz, pour ce qui concerne surtout l’histoire de l’expertise et les reproches de mobbing, ne dit pas la vérité en public, et ne communique dans tous les cas que de façon extrêmement déformée ». Au vu de la grave calomnie à l’égard de la direction du diocèse et de l’évêque par l’abbé Sabo et la paroisse de Röschenz, Mgr Koch ne veut plus d’une part assister aux dommages subis par son diocèse et d’autre part devoir se taire en raison de son devoir de discrétion. Jusqu’à maintenant, il n’a cessé d’affirmer que les dossiers personnels ne sont « ni traités ni commentés » publiquement.

Au vu des contradictions, des nombreuses demi-vérités et des très nombreuses accusations contenues dans le discours lors de la remise du prix, Mgr Koch se demande si Hans Küng se trouve toujours dans le droit et la justice, ou s’il n’a pas vu dans cette cérémonie de distinction à la paroisse de Röschenz « une nouvelle occasion favorable », pour « une fois de plus régler ouvertement ses comptes avec l’actuel évêque de Bâle ».

Problèmes issus des structures ecclésiastiques

L’évêque réfute également les accusations du théologien lucernois selon lesquelles il se serait « exprimé de façon défavorable » sur les structures ecclésiastiques de son diocèse, car « avec sa pensée de type hiérarchique il préférerait être le seul à avoir son mot à dire ». Mgr Koch affirme qu’il n’a jamais parlé défavorablement de cette organisation ecclésiastique et apprécie au contraire l’engagement des laïcs. Il a tout au plus estimé publiquement que des discussions étaient nécessaires pour l’avenir de l’Eglise en Suisse sur des questions et des problèmes issus de ces structures ecclésiastiques.

Alors que le Concile Vatican II prône une indépendance accrue de l’Eglise et de l’Etat, Hans Küng défend une « étatisation de l’Eglise », qui va nettement au-delà du système ecclésiastique actuel, et ne laisse plus grande place à la doctrine de l’Eglise catholique romaine, ajoute Mgr Koch.

Note : la lettre ouverte se trouve sur le site internet http://www.bistum-basel.ch (apic/wm/bb)

29 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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