Théologien et évêque: deux fonctions décalées
Soleure: Mgr Kurt Koch est évêque de Bâle depuis dix ans
Soleure, 6 janvier 2006 (Apic) «Théologien et évêque sont deux tâches différentes, qui amènent avec elles des décalages d’accents en fonction de leur nature». C’est ce qu’affirme Mgr Kurt Koch dans une interview parue le 6 janvier dans la «Basellandschaftliche Zeitung» pour ses dix ans d’épiscopat.
Un conseiller national qui serait élu conseiller fédéral verrait également sa vision des choses se modifier, a ajouté l’évêque de Bâle. L’ancien professeur de théologie de Lucerne a été consacré évêque par le pape Jean Paul II, à Rome, le jour de la Fête des Rois il y a tout juste dix ans.
En tant que théologien spécialisé dans le dogme, Kurt Koch avait comme tâche de responsabiliser les croyants en fonction des défis actuels. Mais aussi «libéral» que le prétendent certains aujourd’hui, il ne l’a jamais été. «Et aussi dogmatique qu’ils le pensent, je ne le suis actuellement pas non plus», répond-il à l’interviewer qui lui demandait pourquoi le «théologien libéral» est devenu aussi «dogmatique» en changeant de fonction.
Le problème principal de l’Eglise catholique est de se trouver actuellement dans une phase de transformation fondamentale: «Elle est toujours moins une Eglise populaire et se trouve en chemin vers une forme sociale dont on ne perçoit qu’une ébauche». Et c’est seulement si elle n’évite pas ce problème central que l’Eglise pourra s’attaquer «judicieusement et avec une vision globale» à des questions comme les sorties d’Eglise ou le célibat des prêtres.
Une grande rupture entre les croyants eux-mêmes
Le grave conflit de Röschenz a «plus que clairement» montré «à quel point notre diocèse était profondément divisé». Et il n’y a pas seulement une rupture entre les croyants et la direction de l’Eglise, comme cela a été souvent affirmé, mais également «une grande rupture entre les croyants eux-mêmes». Et elle constitue le plus grand défi lancé à lui en tant qu’évêque, au service de l’unité.
Il y a parfois des situations «dans lesquelles on regrette d’avoir dit oui à cette mission», affirme l’évêque de Bâle. Mais ce ne résout rien. Lorsque l’on a dit oui, il faut rester fidèle à cet engagement.
Né le 15 mars 1950, Kurt Koch a été ordonné prêtre en 1982. Le 6 janvier 1996, il est consacré évêque par le pape Jean Paul II à Rome. Il entre en fonction à la tête du plus grand diocèse de Suisse, celui de Bâle, le 23 février 1996. Auparavant, il a été professeur de dogmatique et de liturgie à la Faculté de théologie de Lucerne. (apic/job/bb)



