Des évêques du monde entier se sont exprimés publiquement pour souligner le “défi urgent” de répondre aux abus | Antoine Mekary | ALETEIA | I.Media
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Des évêques du monde entier se sont exprimés publiquement pour souligner le “défi urgent” de répondre aux abus | Antoine Mekary | ALETEIA | I.Media

Sommet sur la protection des mineurs: “Les mots ne suffisent plus”

20.02.2019 par I.MEDIA

A la veille du sommet sur la protection des mineurs, convoqué à Rome,  des évêques du monde entier se sont exprimés publiquement pour souligner le “défi urgent” de répondre aux abus tout en tempérant les attentes. Revue de presse.

En convoquant du 21 au 24 février 2019 à Rome les présidents de toutes les conférences épiscopales du monde, le pape François veut réunir l’Eglise universelle pour que chacun se sente concerné. Le problème des abus sexuels et de leur gestion “n’est certainement pas derrière nous”, approuve Mgr Mark Colleridge, président de la Conférence des évêques australiens, auprès du Sydney Morning Herald.

“On ne peut plus rejeter la faute, dire que ce sont les médias ou le monde extérieur qui en voudraient à l’Eglise”, soutient pour sa part Mgr Georges Pontier, président de la Conférence épiscopale française, dans un entretien au Journal du dimanche. C’est un “défi urgent de notre époque”, considère Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin (Irlande) selon des propos rapportés par The Independant. Si ce dernier prélat ne sera pas présent au sommet, son pays a toutefois été particulièrement concerné par ces scandales. 

La question de la prescription

Selon lui, les participants au sommet devront être “très honnêtes”. “Reconnaissons tous nos échecs, n’essayons pas de les aplanir”, insiste-t-il. D’autant que, comme le souligne Mgr Colleridge, “les mots ne suffisent plus” pour les victimes. Ces dernières “n’ont pas besoin de repentance permanente si les actes ne suivent pas”, approuve Mgr Pontier.

Le prélat français espère donc des mesures concrètes, comme un “allongement” du délai de prescription – voire une “ imprescriptibilité” – dans le droit canon pour les faits d’abus sexuels sur mineurs. Il va jusqu’à suggérer que le droit de l’Eglise soit “plus exigeant” que la justice étatique. Mgr Pontier propose également que ces affaires puissent être jugées “ailleurs que là où les faits se sont produits”.

Un “consensus fort”

Toutefois, tempère Mgr Lionel Gendron, président de la Conférence des évêques canadiens, il ne faut pas avoir “trop d’attentes” vis-à-vis du sommet. Dans ces propos rapportés par Le Devoir, le Canadien estime que la rencontre vise “avant tout une prise de conscience”. Une position déjà exprimée par le pape François dans l’avion de retour du Panama.

Le sommet “ne produira pas un plan final et achevé pour une Eglise de 1,2 milliard de personnes”, analysent ainsi les évêques du Massachusetts (Etats-Unis) dans une lettre évoquée par le Boston Globe. L’un de ces quatre prélats, le cardinal Séan O’Malley, participera au sommet en tant que membre du Conseil des cardinaux.

Toutefois, ces évêques américains espèrent un “consensus fort”. Pour sa part, le représentant des prélats brésiliens au sommet, le cardinal Sérgio Da Rocha espère sur le site de sa conférence épiscopale “des indications pour améliorer les initiatives existantes”. (cath.ch/imedia/xln/mp)


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