Sortie de presse de «Beni Eaua – Terre du vent du sud», du Père rédemptoriste A. Lambert
Un ouvrage sociologique de référence sur la Bolivie et le Beni
Fribourg, 12 juillet 1998 (APIC) Sous le titre «Beni Eaua – Terre du vent du sud», le Père rédemptoriste fribourgeois Arthur Lambert publie sous forme de livre sa thèse de doctorat. Une réflexion sur les années de ce missionnaire passées en Bolivie, contenue à travers quelque 420 pages et des dizaines de graphiques. Le livre a été présenté vendredi, au cours d’une brève cérémonie présidée par Mgr Roger Aubry, évêque suisse du vicariat de Reyes, dans le Beni bolivien, actuellement en vacances en Suisse.
L’ouvrage de thèse que publie aujourd’hui le Père Lambert est assurément un livre sociologique de référence, pour ceux qui s’en iraient, ne serait-ce qu’en lecture, à la découverte de l’»eaua» – la terre en langue Tacana -. A la découverte de la Bolivie, de cette région du Beni et du vicariat de Reyes, à la tête duquel ont été appelés deux évêques rédemptoristes d’origine suisse, Mgr Roger Aubry et Mgr Carlos Bürgler, évêque auxiliaire.
«Beni Eaua – Terre du vent du sud, l’économie, l’Eglise et l’argent dans le vicariat de Reyes, en Amazonie bolivienne», titre exact de l’ouvrage préfacé par Mgr Aubry, est aujourd’hui publié par l’Imprimerie Saint-Paul, à Fribourg. La thèse de doctorat du missionnaire Arthur Lambert a été rédigée sous la direction des professeurs Louis de Vaucelles, jésuite, et Jacky Ducatez, de la Faculté de sciences sociales et économiques de l’Institut catholique de Paris.
A travers une recherche sociologique, l’auteur montre et analyse le travail des missionnaires dans le Beni bolivien, va à la rencontre des communauté de base vivantes, de leurs centres d’intérêts par le biais du senti des peuples indigènes du lieu, comme l’a encore souligné Mgr Aubry.
Le livre du Père Lambert a en outre été présenté par Paul-André Turcotte, membre du jury de la thèse, professeur à la Faculté de sciences économiques et sociales de l’Institut de Paris et de l’Université de Laval, au Canada. Ce dernier, qui a salué la qualité du travail d’impression, a expliqué en quoi la sociologie et l’Eglise pouvaient ensemble se mettre au service des autres pour comprendre les sociétés dans un cadre d’échanges.
La présentation de l’ouvrage a été précédée par un moment de prière en compagnie de Mgr Roger Aubry, en présence de nombreux missionnaires rédemptoristes, dont certains, en mission en Bolivie, se trouvent actuellement en vacances en Europe.
De retour en Europe, il analyse l’expérience acquise sur le terrain avec l’aide des professeurs Ducatez et Vaucelles. Menant une enquête sur le terrain lors d’un second séjour en 1990, il en analyse les résultats et articule une problématique autour de la question de l’argent et des différents concepts d’échanges réciproques dans une sphère économique en transition capitaliste. Il s’efforce de définir la place de l’Eglise dans cette société par la multiplicité des rapports sociaux et économiques.
Une analyse ample et détaillée
Une présence plutôt brève – 6 ans sur le terrain de 1978 à 1984 – et qui produit une analyse ample et détaillée, cela provoque surprise et admiration, écrit l’évêque jurassien dans sa préface. Pour Mgr Aubry, «le présent travail révèle un missionnaire. Un missionnaire attentif, respectueux, capable de sentir, d’accueillir… Un missionnaire qui écoute les sons, les harmonies, les garde dans son intelligence et en son cœur, les «écoute» à nouveau sans faire de bruit, les relie, les interprète, les exprime».
Un missionnaire chercheur
Travail scientifique en profondeur où s’exprime un missionnaire chercheur et bien informé, cet ouvrage s’étoffe d’une riche expérience de l’homme sur le terrain. «On s’étonne, écrit encore l’évêque de Reyes, devant l’ample source d’information… Un missionnaire interrogateur, précis, capable d’analyser, de mettre en lumière, de détecter les courants, les forces latentes, celles qui provoques de nouvelles formes de relations entre les peuples, et qui les transforment».
Deux raisons
Les raisons qui ont motivé la recherche de l’auteur sont diverses. «Ce sont tout d’abord des raisons personnelles. De 1978 à 1984, témoigne-t-il, j’ai travaillé dans cette région en qualité de missionnaire de la Congrégation des rédemptoristes. Ces derniers ont en effet la charge du vicariat apostolique de Reyes depuis 1942». Une autre raison réside dans ses activités actuelles, à savoir la présidence du Secrétariat pour la Bolivie, une institution de la Province suisse des rédemptoristes au service de la mission en Bolivie. Pays dont fait partie la région du Beni, du nom du fleuve qui traverse le vicariat de Reyes, et qui signifie le «vent du sud» dans la langue des Tacanas. (apic/pr)




