Convaincu que le chemin de la réconciliation ira de l’avant

Soudan: Après mort de John Garang, l’évêque d’El Obeid croit aux perspectives de paix

El Obeid, 3 août 2005 (Apic) Après mort de l’ex-chef rebelle John Garang, l’évêque catholique d’El Obeid se montre confiant quant aux perspectives de paix après deux décennies de guerre civile sanglante qui ont fait plus de deux millions de morts et deux fois plus de personnes déplacées.

John Garang, premier vice-président du Soudan depuis le 9 juillet 2005, revenait d’Ouganda samedi après une visite de deux jours. Il se trouvait à bord de l’un des hélicoptères personnels du président Ougandais Yoweri Museveni.

«Le remplaçant de John Garang, Salva Kiir Mayardi, a déjà pris le pouvoir et dans un discours prononcé à la radio a déclaré que le processus de paix sera poursuivi sur la base des accords préétablis. Je suis convaincu que le chemin de la réconciliation ira de l’avant également grâce à la présence des observateurs internationaux, surtout ceux de l’ONU, dans le Sud Soudan», déclare à l’agence missionnaire MISNA Mgr Antonio Menegazzo, évêque et administrateur apostolique de El Obeid (capitale du Nord Kordofan), le diocèse du Soudan qui comprend aussi la région occidentale du Darfour.

Selon le religieux combonien italien, à la différence de Garang, Kiir «ne serait pas pour l’unité du pays mais pour la séparation entre le Nord et le Sud. Dans tous les cas tout dépendra de l’issue du référendum sur l’indépendance du Sud Soudan qui devrait se tenir dans six ans».

La nouvelle de la mort improviste de Garang, qui s’est installé le 9 juillet dernier à la vice-présidence du pays après avoir dirigé pendant 21 ans la rébellion du Sud Soudan contre le gouvernement de Khartoum, a provoqué la réaction de ses partisans contre les Soudanais du Nord, d’origine arabe, avec des désordres surtout dans la capitale et dans d’autres localités du sud, dont Juba, Wau et Malakal.

Risque de représailles de la part de Soudanais du Nord

«La préoccupation principale est le risque de représailles de la part de Soudanais du Nord. Nous avons déjà reçu des informations sur des saccages dans les maisons des ’Noirs’ du Sud et d’autres violences dans la capitale. L’impression est que la police sous-évalue le danger, on ne voit pas beaucoup d’agents dans les rues de Khartoum et cela est sans doute dû au fait que la majorité a été envoyée au Darfour, où ils sont établis», ajoute Mgr Menegazzo.

Sur les causes de la mort de Garang, qui a péri le week-end dernier dans un accident d’hélicoptère de retour de son premier voyage officiel en Ouganda, «les institutions comme diverses personnalités influentes, ont confirmé qu’il s’est agi d’un accident. A présent l’important est de maintenir le calme et de continuer à regarder le futur avec espoir», a conclu l’évêque. (apic/misna/be)

3 août 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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