Les humanitaires ne peuvent aider les personnes déplacées
Soudan: Atrocités dénoncées par le coordinateur des Nations Unie
Londres, 21 mars 2004 (Apic) S’exprimant à la BBC, le coordinateur pour le Soudan des Nations-Unies, Mukesh Kapila, déclare que «le conflit a créé la situation humanitaire la pire au monde». Il a encore affirmé que plus d’un million de personnes étaient victimes de «nettoyage ethnique», dans la région de Darfour, à l’ouest du Soudan
Le coordinateur des Nations-Unies pour le Soudan, Mukesh Kapila, décrit la politique de la terre brûlée qui règne pendant les combats et a comparé, en nature, sinon en échelle, la situation au génocide au Ruanda en 1994. «C’est davantage qu’un conflit guerrier. C’est une tentative organisée de se débarrasser d’un groupe de population». Il a accusé les milices arabes, soutenues par le gouvernement, d’avoir déporté des centaines de milliers de personnes loin de leur maison, en représailles à une rébellion lancée par deux groupes armés il y a un an. Ceux-ci accusaient le gouvernement, à dominante arabe, d’ignorer les habitants noirs, Africains, de la région de Darfour.
Plus de 100’000 personnes ont fui à travers la frontière vers le Tchad, mais ont continué à être victimes de raids à la frontière.
Femmes violées en masse par les milices
Le coordinateur des Nations Unies pour le Soudan a affirmé que 75 personnes avaient été tuées dans l’attaque du village de Tawila par des milices arabes il y a deux semaines. Dans cette région montagneuse de Darfour, au Soudan occidental, toutes les maisons et un centre de santé ont été complètement pillés, et le marché a été brûlé. Plus de 100 femmes ont été violées, certaines devant leurs pères, qui ont été tués ensuite, a-t-il encore dit. Environ 160 femmes et 200 enfants ont été enlevés de force.
«Ce n’est qu’une attaque parmi tant d’autres dans ce territoire aride, oùl es villages sont rasés les uns après les autres par les milices».
Pour faire face à la situation de détresse, les organisations humanitaires ne peuvent atteindre que de petites parties du territoire du Darfour et sont en outre menacées d’attaques, elles aussi. «Il faut davantage d’aide», a demandé le coordinateur, «et une intervention internationale d’urgence pour imposer un cessez-le-feu».
«J’étais présent au Ruanda, a-t-iI encore déclaré, au temps du génocide. J’ai vu beaucoup de situations de ce type dans le monde et je suis complètement choqué de ce qui se passe aujourd’hui au Darfour», a-t-il dit sur Radio 4 de la BBC, le 20 mars.
Les combats font rage dans l’ouest du Soudan depuis que les pourparlers de paix que le gouvernement a entrepris pour résoudre la guerre, qui dure depuis 20 ans, avec les rebelles du sud, touchent à leur fin. (apic/bbcnews/vb)



