Le gouvernement soudanais avoue enfin le procès
Soudan: Chrétienne condamnée à la mort par lapidation pour adultère
Khartoum, 1er avril 2002 (APIC) Une chrétienne soudanaise de 18 ans a été jugée et condamnée à la mort par lapidation pour adultère en début d’année. L’information a été confirmée par le ministre de la justice. C’est la première fois qu’un membre du gouvernement soudanais reconnaît publiquement ce procès. La jeune fille a finalement été flagellée, le jour même de son accouchement.
La sentence n’a toutefois pas été appliquée du fait qu’elle était sévère et pas nécessaire, a précisé le ministre, Ali Mohamed Osman Yassin, dans une interview publiée par le quotidien soudanais «Al Yam». Le verdict était trop lourd pour être appliqué, a-t-il ajouté, soulignant qu’il a été commué en flagellation, à l’initiative d’une cour d’appel soudanaise qui a demandé une révision du procès, le 9 février. La fille, qui est non mariée, a accouché trois jours plus tard, le 12 février. Le même jour, elle a reçu 75 coups de fouets.
La flagellation est une violation des droits de l’homme, a reconnu le ministre dont les propos sont rapportés par l’AFP. C’est une mesure «dégradante et sévère», a-t-il encore indiqué. Il a estimé qu’elle a son importance du fait qu’elle permettait de diminuer le niveau de la criminalité dans le pays. Selon lui, il est arrivé que des femmes en état de grossesse, âgées ou mineurs, soient punies à coups de fouets, par erreur. Des mesures seront prises pour éviter l’exécution de ces genres de verdicts, a-t-il dit. Le gouvernement soudanais avait jusqu’ici observé un mutisme total sur cette affaire.
Le jugement avait été révélé le 10 février dernier par la communauté catholique Saint’Egidio. Elle s’était alors mobilisée pour éviter l’exécution de la jeune chrétienne. Elle a été rejointe par de nombreuses organisations internationales de défense des droits de l’homme dont «Human Rights Watch». Les organisations avaient alors lancé un appel au président Omar al-Béchir lui demandant de sauver la vie de la jeune femme. Le cardinal Roberto Tucci avait lancé un appel en sa faveur sur Radio Vatican.
L’introduction de la charia ou loi islamique est l’une des principales cause de la guerre au Soudan. C’est l’un des neuf pays musulmans au monde où la loi islamique est appliquée. (apic/ibc/bb)



