L’ancien leader inhumé samedi 6 août à Juba

Soudan: L’archevêque catholique de la ville rend hommage à John Garang

Khartoum, 7 août 2005 (Apic)) Mgr Paulino Lukudu Loro, archevêque catholique de Juba (Sud Soudan) a rendu hommage samedi 6 août à John Garang. Le prélat présidait la cérémonie religieuse des funérailles de l’ex- leader du mouvement rebelle soudanais.

Défunt vice-président soudanais et ancien chef de la rébellion armée du sud- Soudan, John Garang, un catholique, défenseur de la minorité chrétienne du Sud-Soudan, a été tué en début de semaine lors de la chute de l’hélicoptère qui le transportait, à la frontière entre l’Ouganda et son pays. Il a été inhumé dans sa ville de Juba.

Mgr Paulino Lukudu Loro, archevêque catholique de Juba (Sud Soudan) présidait la cérémonie religieuse des funérailles de l’ex-leader du mouvement rebelle soudanais. «John Garang était comme Moïse. Il nous a quitté vers la paix. Après 21 ans de guerre, il était notre président du Sud-Soudan pour 21 jours seulement», a-t-il souligné. «Sa paix restera avec nous pour toujours», a ajouté l’archevêque dont les propos ont été rapportés par l’envoyé spécial de Radio France internationale.

John Garang avait été installé officiellement dans ses fonctions de vice- président, le 3 juillet dernier. De nombreux dirigeants africains ont assisté à ses funérailles. Parmi ces dirigeants figuraient celui du Soudan Mohamed El Béchir, Tabo Mbeki (Afrique du Sud), Yoweri Museweni (Ouganda), Alpha Oumar Konaré (président de la Commission de l’Union Africaine).

Vendredi, le président Museweni avait déclaré que l’accident d’hélicoptère qu’il avait affrété pour transporter son John Garang pour le ramener d’Ouganda dans son fief du sud Soudan n’était «peut-être pas un accident». Cette déclaration, selon les médias internationaux, a renforcé l’hypothèse d’un attentat ou complot monté contre John Garang. Jusqu’ici, «l’accident» avait été retenu par les autorités soudanaises.

Commission d’enquête mise sur pied

Les propos du président ougandais ont mis dans l’embarras le successeur de John Garang, en l’occurrence Salva Kiir. Il a refusé de les commenter. Un porte-parole de la SPLA (Armée Populaire pour la Libération du Sud-Soudan), pour sa part a indiqué que jusqu’ici, «rien ne laissait penser à un sabotage» de l’appareil.

De son côté, le gouvernement soudanais s’est montré aussi agacé par les déclarations du président ougandais. Selon lui, elles ne sont pas basées sur des faits. En plus, les dirigeants soudanais ont demandé à leurs homologues d’Ouganda de leur fournir les informations en leur possession et de collaborer à l’enquête qu’ils mènent pour déterminer les causes et les circonstances du crash. En Ouganda, une Commission internationale d’enquête a été mise sur pied. Elle est composée des représentants du pays, mais aussi, du Kenya voisin, des Etats-Unis, du Canada et de la Russie. Amnesty International a réclamé une enquête internationale plus indépendante.

A la suite de la mort de John Garang, des émeutes qui ont eu lieu les 1er et 2 août à Khartoum et à Juba ont fait plus de 130 morts. (apic/ibc/vb)

7 août 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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