Entre la guerre qui sévit et la menace de famine qui se profile
Soudan: L’archevêque de Khartoum inquiet d’une situation de plus en plus difficile
Khartoum/Rome, 26 mai 1999 (APIC) L’archevêque de Khartoum, Mgr Gabriel Zubeir Wako, se montre préoccupé par les conséquences de la guerre civile qui sévit depuis 16 ans au Soudan. Il s’inquiète en outre des menaces de famine en raison de la sécheresse qui règne actuellement dans le pays.
«Il reste encore de nombreux points de guerre dans le Sud qui font fuir les gens vers les villes» explique mercredi le prélat au quotidien italien «l’Avvenire». Les attaques militaires se poursuivent en effet dans le Sud du pays et les factions se battent entre elles, ce qui ne fait «qu’étendre encore plus les souffrances de la population». Mgr Wako regrette en outre le renvoi à une date ultérieure des colloques de paix prévus au Kenya le 10 mai dernier, entre le gouvernement de Khartoum et l’Armée Populaire de Libération du Soudan (SPLA). «Si les combats continuent, les deux parties ne pourront jamais se réunir pour pouvoir faire avancer la paix».
Mgr Wako se dit également préoccupé par la sécheresse qui entraîne la famine dans le pays. Dans certaines régions, les pluies sont en retard, explique l’évêque soudanais. «Et quand il ne pleut pas en mai, cela veut dire que les populations n’auront rien à manger».
Quant à l’Eglise catholique qui représente moins de 10% de la population, elle «n’est pas très appréciée» par le gouvernement qui a mis en place un programme d’islamisation.
L’archevêque déplore enfin l’arrestation de deux prêtres, en août dernier. Retenus dans un premier temps au sein même du quartier général de l’armée à Khartoum, ils sont accusés d’avoir organisé un attentat à la dynamite contre le gouvernement. Ce n’est qu’au début du mois de mai de cette année qu’ils ont été transférés dans les prisons civiles «où ils ont maintenant des contacts avec d’autres prêtres et des personnes engagées dans la pastorale auprès des prisonniers» précise le prélat. (apic/imed/pr)



