Soudan: Les chefs religieux du Sud-Soudan exhortent à cesser les combats
Dans une guerre «officiellement terminée»
Nairobi, 26 avril 2005 (Apic) Les responsables d’Eglises soudanais ont réclamé la fin des affrontements entre l’Armée populaire de libération du Soudan (APLM), le plus important mouvement rebelle du sud, et d’autres groupes armés.
«Nous ne voudrions pas de nouveau une guerre dans le Sud-Soudan, car nous l’avons officiellement terminée», a déclaré l’archevêque catholique romain Paulino Lukudu Loro au correspondant de l’agence oecuménique ENI à Nairobi. «Nous savons qu’il y a des combats qui se poursuivent, du fait des seigneurs de guerre, mais nous sommes heureux que la paix ait été signée.»
Un accord de paix a été signé en janvier 2005, mettant fin à 21 années de guerre entre le Sud principalement chrétien et animiste et le Nord musulman, qui a provoqué le déplacement d’environ cinq millions de personnes.
L’archevêque, qui s’exprimait au Moi Africa Institute, dirigé par l’ancien président du Kenya, Daniel Arap Moi, exhorté les groupes en conflit à mettre de côté leurs divergences pour le bien du pays. Evoquant la guerre civile qui a déchiré ce pays pendant presque un quart de siècle, dans l’Etat le plus grand d’Afrique, l’archevêque Loro a souligné que les «Soudanais du Sud n’ont pas eu l’expérience de la coexistence. C’est pourquoi il y a des divergences, mais le prix que tous ont payé a été énorme.»
Les combats se poursuivent entre tribus
«En étant unis, vous surmonterez les énormes problèmes qui se dressent sur la voie de l’édification de la nation. Votre force réside dans votre diversité vécue dans un esprit de tolérance et de respect», a lancé Daniel Arap Moi, qui a ouvert la rencontre. «Je vous demande d’abandonner tout ce qui vous divise et de vous entendre.»
Des mouvements non gouvernementaux précisent que les combats qui se poursuivent entre tribus pourraient être un obstacle pour les promesses d’assistance, d’un total de 4.6 milliards de dollars EU, faites au Soudan lors d’une conférence de donateurs les 11 et 12 avril à Oslo, en Norvège. «Si les divergences continuent, elles auront de sérieuses implications pour la paix», a fait remarquer Suzanne Jambo, coordinatrice d’un réseau d’organisations soudanaises non gouvernementales.
Des groupes rebelles minoritaires ont pour leur part déclaré qu’ils ne sont pas liés par l’accord de janvier entre le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan et le gouvernement de Khartoum, puisqu’ils n’y ont pas participé.
Quant au pasteur Moses Indorunyama, de l’Eglise épiscopale du Soudan, il a déclaré: «Nous voyons des divergences politiques et idéologiques entre les factions, mais elles n’existent pas parmi les citoyens ordinaires». «Les Eglises aspirent à la réconciliation, à l’unité et à la paix», a-t-il poursuivi. «Il faut que les leaders mettent de côté leurs différences, car elles désorientent la population.» (apic/eni/vb)



