Soudan: Les Comboniens insistent: le Soudan est saigné à blanc, il est à l’agonie
«Avant toute chose, arrêtons la guerre»
Nairobi, 21 février 2001 (APIC) La guerre au Soudan est devenue immorale. La religion n’y est pour rien, le conflit s’explique surtout par le commerce des armes et l’exploitation des pauvres. Quelques jours après leur appel-dénonciation, les missionnaires comboniens tapent sur le clou, en montrant du doigt le gouvernement de Khartoum et la communauté internationale.
Les missionnaires dénoncent la manipulation de leur appel par Khartoum, qui n’a pas écouté les critiques formulées à l’encontre de toutes les parties engagées dans le conflit. «Le Soudan est saigné à blanc et il est à l’agonie, écrivent aujourd’hui les Comboniens. Dieu et la religion chrétienne comme la musulmane nous disent avec la même intensité que nous devons aimer et vivre en paix et que tuer est un crime. Personne ici n’a à gagner dans la continuation de cette guerre. Aussi bien le Nord que le Sud sont vaincus. Nous implorons le Nord et le Sud de demander à la Communauté Internationale non seulement une assistance humanitaire, mais aussi une médiation politique. Mais avant toute chose, arrêtons la guerre.»
Vainqueurs: les marchands de canon
Pour les Comboniens, les seuls vainqueurs de la guerre sont les marchands de canon. «Le produit des puits de pétrole est utilisé enfoncer le pays dans le chaos plutôt que pour améliorer la qualité de la vie des gens. Le pays hypothèque ainsi son avenir. La guerre engendre la mort et la destruction. Les seuls bénéficiaires dans cette guerre sont les fournisseurs d’armes, les marchands et les compagnies pétrolières «
«Nous croyons en la force des martyrs morts pour une paix définitive «, commente le père combonien Michele Stragapede. «Le Soudan ne tiendra le coup que s’il renonce aux moyens de destruction et commence à construire une paix juste et durable, que si les Soudanais montrent de la compassion les uns pour les autres. Il s’agit en fait d’un holocauste auquel il faut mettre un terme: nous avons eu trop de victimes. Si nous n’arrêtons pas cet holocauste, l’histoire nous jugera et nous condamnera pour toujours.» (apic/cip/bb)



