Qu’attend la communauté internationale pour réagir?

Soudan: Une mission de la Ceta de retour du Soudan exprime sa préoccupation

Nairobi, 28 mai 2004 (Apic) La Conférence des Eglises de toute l’Afrique (Ceta) se déclare préoccupée par la situation au Darfour. Elle a dépêché une mission d’information d’une semaine au Soudan, conduite par le secrétaire général de l’organisation, Mvume Dandala. La Ceta demande une enquête internationale sur les atrocités liées aux droits humains dans le Darfour.

La situation au Darfour, province occidentale du Soudan, a été présentée ces dernières semaines par de nombreuses organisations humanitaires comme une campagne d’épuration ethnique. L’ONU a refusé de les suivre dans cette campagne de dénonciation, lors d’une réunion de son conseil de sécurité, il y a environ deux semaines.

La délégation de la Ceta était composée de représentants d’un groupe d’Eglises de différents pays. Lors d’une conférence de presse à Nairobi, Mvume Dandala, a souligné l’importance d’une telle enquête pour son organisation. «La Ceta estime qu’il y a intérêt pour elle et pour le monde entier, qu’un tel processus soit lancé», a-t-il dit. Car, a-t-il ajouté, elle permettra de mieux comprendre la réalité de la situation au Darfour, puis de faire pressions sur le gouvernement soudanais, «afin que de tels actes inhumains cessent».

Mvume Dandala a qualifié la situation dans le Darfour «d’énorme chaudron, de marmite bouillante, brûlant, saignant et faisant mal à la fois».

Catastrophique situation

Il a également indiqué que la violence s’est étendue à la région du Haut Nil (sud). Des sources oecuméniques dans cette province, ont rapporté à la délégation de la Ceta, que les maisons de quelque 23’000 villageois ont été rasées. La situation est catastrophique pour les dizaines de milliers de personnes qui grossissent quotidiennement le lot des déplacés.

Le secrétaire général de la Ceta a demandé aux gouvernements africains de prendre position sur les événements au Soudan. «Nous disons que la situation y est critique et que le pays a besoin de la solidarité du monde entier, y compris de l’Afrique», a-t-il notamment souligné. Le Conseil des églises du Soudan a écrit des lettres de demande d’intervention aux ambassades étrangères à Khartoum. Celles des gouvernements du Nord ont répondu. En revanche, la plupart des diplomates africains n’ont pas réagi, a déploré Dandala, estimant qu’ils sont indifférents au sort des populations de l’ouest du Soudan. (apic/ibc/pr)

28 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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