Bangladesh : Des islamistes attaquent des religieuses catholiques pour les intimider
Soupçons contre un notable musulman local
Dinajpur, 25 août 2014 (Apic) Des islamistes ont forcé début juillet 2014les portes de la mission catholique de Boldipuktur, dans le diocèse de Dinajpur, au nord-est du Bangaldesh, et ont agressé les religieuses, tentant de les violer. Selon les responsables catholiques locaux, c’est la première fois qu’un tel incident se produit dans la région où les religieuses bénéficient habituellement d’un très grand respect. Des conflits fonciers seraient à l’origine de l’agression.
Dans la nuit du 6 au 7 juillet dernier, vers deux heures du matin, une soixantaine d’hommes armés de machettes, de couteaux et de barres de fer ont attaqué le couvent des sœurs Missionnaires de l’Immaculée (PIME), rapporte l’agence d’information des Missions étrangères de Paris «Eglises d’Asie».
Les islamistes ont entièrement vandalisé et pillé le monastère. Ils ont frappé les religieuses et de tenter de les violer. Sur les sept religieuses présentes au moment des faits, trois ont subi des violences, pendant que les quatre autres essayaient de se cacher. La violence s’est déchaînée pendant plus de deux heures. Des biens, dont la valeur s’élève à quelque 13’000 dollars, ont été également dérobés par le groupe de malfaiteurs.
Ce vol a incité la police locale à écarter toute piste communautariste, faisant du «cambriolage crapuleux» le motif officiel de l’attaque. Une opinion que ne partagent pas du tout les responsables catholiques. «Il est évident que cette attaque, rigoureusement planifiée, visait explicitement les catholiques qui soutiennent les populations les plus pauvres du pays, en particulier en défendant leurs terres», a dénoncé Mgr Sebastian Tudu, évêque de Dinajpur. Il a rappelé d’autres attaques de communautés chrétiennes et aborigènes par des islamistes dans le diocèse durant ces derniers mois, dans le but de les intimider avant de procéder à des expropriations illégales.
Les conflits fonciers à l’origine de l’attaque
Dans le cas de la communauté religieuse de Boldipukur, c’est un politicien local musulman, du parti d’opposition extrémiste Jatiya Party, qui est soupçonné d’être le commanditaire de l’attaque. Ce puissant propriétaire terrien entretient un conflit foncier depuis des années avec l’église du Bon Sauveur de Boldipukur et son couvent. Selon les responsables catholiques du diocèse, il aurait voulu intimider les religieuses afin de s’approprier leurs propriétés foncières. Une manœuvre qu’il avait déjà tentée en 2010 avant d’être stoppé par une décision de justice. De plus, lorsque des notables locaux musulmans essayent de s’approprier illégalement les terres des aborigènes, les religieuses se mobilisent à chaque fois pour les défendre. (apic/eda/mp)



