Et tout ceci est vrai.
Sous le titre « Et tout ceci est vrai » l’Apic débute aujourd’hui une nouvelle rubrique, qu’elle alimentera de temps à autre, à partir d’un instant « volé » dans la vie des hommes et de la société.
L’histoire se passe à Fribourg par un beau jour d’été. Où pas plus qu’ailleurs, on n’échappe à son destin. Pas plus qu’à l’Office des poursuites d’ailleurs. D’autant moins si celui-ci s’est mis en tête de faire son boulot pour encaisser une contribution due à l’Etat. Vu ses finances, mieux valait un fonctionnaire zélé, opiniâtre. Qui fut dépêché jusqu’à l’Hôpital Cantonal. Tout au moins jusqu’à la porte d’une chambre derrière laquelle le débiteur alité et recherché se débattait pour rester en vie et échapper à une paralysie avancée, à la suite d’une attaque cérébrale. Las pour le fonctionnaire, le médecin veillait. Fort dépité mais pas à court d’idée, notre Office avait plus d’un tour dans son sac. Qu’il puisa dans celui de la Poste, avec le recommandé d’usage sous forme d’ « une invitation à retirer un envoi ». La belle affaire, pour notre homme cloué aux urgences. Qui ignora l’invitation, et pour cause. Heureusement, l’Office en question n’avait pas utilisé tout son arsenal de sommations, envoyées cette fois au récalcitrant sous forme de convocation – payante – à se présenter à l’Office. Sous peine de s’y voir amener manu militari par la police. Et dire que tout ceci est vrai. (Apic/Pierre Rottet)



