Les Eglises inquiètes
Sri Lanka: Appel à interdire les conversions et attaques contre des églises
Colombo le 21 octobre 2003 (Apic) Les Eglises chrétiennes du Sri Lanka ont exhorté le gouvernement à accorder une protection aux chrétiens, après des attaques perpétrées récemment contre des églises et les nombreux appels à interdire les conversions religieuses dans cette nation majoritairement bouddhiste.
«Nous demandons au gouvernement et à ceux qui sont responsables de l’ordre public de protéger d’innocentes personnes qui veulent pratiquer leur religion et de leur garantir ce droit fondamental», a déclaré l’évêque anglican Kumara Illangasinghe, président du Conseil national chrétien de Sri Lanka.
Le Conseil chrétien, qui regroupe les grandes Eglises protestantes et anglicanes, a publié une déclaration en septembre pour exprimer sa «profonde préoccupation» devant les violences commises contre les églises. «En particulier durant ces deux derniers mois, plusieurs églises ont été attaquées et en certaines occasions des collaborateurs paroissiaux ont été battus», déplore le Conseil chrétien.
Pour l’évêque Illangasinghe, il existe «un lien entre ces attaques contre les églises et la demande croissante d’interdiction des conversions». Un appel à interdire les «conversions non éthiques» avait été lancé lors d’un rassemblement de 1’500 moines bouddhistes dans la capitale, Colombo, le 23 septembre.
Cette demande faisait suite à une décision de juillet de la Cour suprême statuant que les groupes chrétiens ne pouvaient pas s’enregistrer comme institutions d’aide sociale en raison, selon la Cour suprême, de leur pratique du prosélytisme, contraire à la constitution du pays.
«Le débat en cours sur la conversion et le climat ont été affectés à cause de cette décision de la Cour», a expliqué l’évêque Frank Marcus Fernando, président de la commission nationale des évêques catholiques romains sur la catéchèse, dans une déclaration du 28 septembre. «C’est pourquoi l’appel à interdire les conversions a été soudainement relancé.»
Fondamentalistes chrétiens mis en cause
Les relations entre les Eglises et les responsables bouddhistes sont bonnes, a affirmé l’évêque Fernando, qui a rejeté une partie de la responsabilité des tensions actuelles sur certains groupes chrétiens. «Nos groupes fondamentalistes doivent aussi être considérés comme responsables de la situation actuelle», a-t-il dit.
L’inquiétude de l’évêque Fernando a été aussi reprise par l’évêque Illangasinghe, qui a déclaré que «l’évangélisation agressive» de groupes «minuscules» brisait «l’harmonie» qui existait entre les chrétiens et la majorité bouddhiste.
Néanmoins, si une loi interdisant la conversion était promulguée comme le demandent certains bouddhistes, a averti l’évêque Illangasinghe, «toutes les Eglises devront subir les conséquences de l’aventurisme de quelques groupes religieux». Le Conseil chrétien national a demandé en conséquence aux chrétiens «de faire attention quand ils traitent avec les croyants d’autres religions». (apic/eni/sh)




