Civils pris au piège et sans aide
Sri Lanka: Combat dans le nord: la situation est critique s’insurge l’évêque de Jaffna
Colombo, 12 février 2009 (Apic) Les religieux et religieuses qui se trouvent dans la zone des combats ont quitté Suthainthirapuram pour Irenapalai avec les autres personnes déplacées, espérant y être plus à l’abri considérant la proximité d’une base du Comité international de la Croix Rouge (Cicr), indique l’Agence Misna.
D’autres sans-abri se sont rendus à Putumattalan, sur le littoral, indique l’évêque de Jaffna, Mgr Thomas Savundaranayagam, qui a reçu des informations de personnes déplacées ayant réussi à s’échapper de la zone des combats.
L’évêque ajoute par ailleurs qu’une cinquantaine de religieux sont toujours bloqués dans l’aire du front et que trois religieuses figurent parmi les 240 blessés et une centaine de leurs proches que la Croix Rouge est parvenue mercredi à transférer de Putumattalan à l’hôpital de Trincomalee.
«La situation se détériore de plus en plus car la zone des violences est de plus en plus réduite contrairement au nombre des civils pris au piège qui est toujours très élevé», s’insurge Mgr Savundaranayagam, précisant qu’»il faut ajouter à cela le problème de la faim : les déplacés de la région de Vanni ne reçoivent aucun aliment depuis trois semaines».
Suthainthirapuram et Irenapalai se situent à proximité de Puthukkudiyiruppu, dont l’hôpital a été attaqué les 1er et 3 février derniers, avec un bilan de 11 morts et 30 blessés. Des religieuses ayant parlé il y a quelques jours avec leurs consoeurs dans la zone confirment à MIsna les difficultés provoquées par les bombardements et les rebelles tamouls pour ceux qui tentent de sortir de l’aire du conflit.
Selon des sources militaires, 22’000 civils (35’000, selon d’autres) ont gagné le mois passé les zones sous contrôle du gouvernement et 100’000 autres se trouveraient toujours dans le secteur des rebelles.
Ni vivre ni matériel médical
En attendant, la mission de sauvetage des derniers patients de l’hôpital bombardé transférés à Putumattalan a repris jeudi : «Ce matin, un autre bateau du Cicr a pu récupérer 160 patients et leurs proches et arrivera bientôt à Trincomalee», a affirmé à Misna la porte-parole du Cicr, Sarasi Wijeratne, qui indique en outre que depuis un mois, aucune aide humanitaire, ni vivres ni matériel médical, n’a pu arriver dans la région de Vanni, où la plupart de la population, déplacée à plusieurs reprises d’un lieu à l’autre au cours des deux dernières années par des opérations militaires, dépend entièrement de l’aide extérieure. Sarasi Wijeratne qualifie en outre la situation humanitaire actuelle de «critique».
L’armée affirme être proche de la victoire contre les Tigres pour la libération de la patrie tamoule (Ltte), actuellement acculés dans un territoire de moins de 100 kilomètres carrés dans le district de Mullaittivu, mais nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le sort des personnes déplacées tamoules et si une paix obtenue sans accord politique sera durable. (apic/misna/pr)



