Armée et rebelles ignorent les appels à l’aide humanitaire

Sri Lanka: des dizaines de civils tués chaque jour par l’offensive gouvernementale

Colombo, 13 février 2009 (Apic) Le nord du Sri Lanka est quotidiennement confronté à une guerre oubliée, y compris des médias. L’armée gouvernementale a manifesté sa volonté de résoudre par les armes un problème ethnique réel. Les rebelles résistent pour leur part. Armés et rebelles restent sourds aux appels pour une aide humanitaire aux civils.

Chaque jour, des dizaine de civils paient de leur vie, pris au piège dans les combats ou les fusillades et plus de 100 autres y sont blessés: tel est le bilan approximatif rapporté par les médecins du camp médical de fortune aménagé à Putumattalan.

Le camp de Putumattalan, village du littoral dans le district de Mullaittivu, près de la ligne du front, est bondé de personnes blessées tandis que de nombreuses autres arrivent toujours. De plus, la structure ne dispose que de rares médicaments et le personnel médical est réduit à quelques employés seulement.

Jeudi, un bateau du Comité international de la Croix Rouge est parvenu à transporter quelque 400 civils, dont 160 malades et blessés, à Trincomalee (principale ville portuaire de l’Est du pays) afin qu’ils puissent être admis à l’hôpital local. Il y a quelques jours, une opération similaire avait porté secours à plus de 300 civils, dont 240 blessés.

Selon des sources militaires, 37’000 civils auraient fui les zones de combats depuis le début de l’année, mais si l’on s’en réfère à d’autres sources, 100’000 civils tamouls se trouveraient toujours dans les 100 kilomètres carrés sous contrôle des rebelles séparatistes des Tigres pour la libération de la patrie tamoule (Ltte).

Alors que les deux parties au conflit continuent d’ignorer les appels à un cessez-le-feu humanitaire ou à l’instauration de corridors protégés visant à permettre aux civils de quitter la zone des combats et aux agents humanitaires de distribuer des vivres et des médicaments aux personnes déplacées, le gouvernement sri-lankais a catégoriquement refusé vendredi la nomination, par l’Angleterre, de l’ancien ministre de la Défense Des Browne aux fonctions de représentant spécial au Sri Lanka, chargé de débattre sur place de la situation humanitaire et de favoriser une résolution politique du conflit. (apic/misna/pr)

13 février 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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