Une église prise d’assaut par des soldats de la Marine

Sri Lanka: Des dizaines de tués dans des combats entre soldats et tamouls

Colombo, 18 juin 2006 (Apic) D’intenses combats entre les forces gouvernementales et les rebelles tamouls ont fait au moins 51 morts dans le district nord-occidental de Mannar. L’évêque local accuse les soldats de la Marine d’avoir tiré sur des pêcheurs et d’avoir pris d’assaut une église où s’étaient réfugiés au moins 3’000 civils.

L’accrochage entre forces gouvernementales et les rebelles tamouls, le 17 juin, survient au lendemain de raids aériens sri-lankais en territoire rebelle. Selon le ministère de la défense, une flottille de onze embarcations des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) a déclenché les hostilités peu après l’aube au large de l’île de Mannar. La Marine, qui a riposté en détruisant huit bateaux ennemis, déplore la perte de trois bâtiments.

«Les combats maritimes entre les rebelles et les forces gouvernementales ont duré moins d’une demi-heure, mais ensuite, les hommes de la Marine cinghalaise ont attaqué les civils», raconte à l’agence MISNA l’évêque de Mannar, Mgr Joseph Rayappu. D’après les témoignages qui lui sont parvenus, après les combats avec les Tigres tamouls, des soldats de la Marine ont tiré sur les civils. «Cinq pêcheurs ont été tués, quatre sont morts sur le coup et le dernier à l’hôpital. Mais le pire est arrivé quand les soldats ont pris d’assaut l’église, à 300 mètres de la plage, où des habitants s’étaient réfugiés depuis deux jours par crainte d’une montée de la violence».

«Au moins 3’000 civils se trouvaient dans l’église de Notre Dame de la Victoire. Les soldats de la Marine ont jeté des grenades à travers les fenêtres. L’une d’entre elles a explosé à l’extérieur, une seconde a rompu la vitre et explosé à l’intérieur, tuant une femme et faisant une quarantaine de blessés. J’ai moi-même vu l’autel, entouré de gens, couverts de sang», témoigne encore le prélat à la MISNA.

50 bateaux de pêche incendiés

Des sources de l’hôpital de Mannar ont confirmé à la même agence avoir reçu 5 cadavres et 38 blessés. Environ 30 minutes après l’attaque de l’église, un nuage dense de fumée s’est élevé au-dessus de la plage: «les militaires avaient incendié presque 50 bateaux de pêche. La population est terrorisée, tous les espoirs sont anéantis», ajoute Mgr Rayappu, en rappelant que Pelasai a souvent été le théâtre de violences dans le passé. La Marine cinghalaise a nié toute implication dans les faits de Pelasai.

La massive intervention de l’armée répond à l’attentat perpétré jeudi à Kebitigollawe, dans le district d’Anuradhapura et soldé par 64 victimes civiles. Il s’agissait de la plus sanglante attaque depuis la trêve décrétée en 2002, qui a mis fin, théoriquement, à 20 ans de conflit civil. Le Ltte a nié son implication mais les autorités le tiennent pour responsable. (apic/misna/bb)

18 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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