Inquiétudes sur le sort du Père Jim Brown
Sri Lanka: L’évêque de Jaffna lance un appel au président Mahinda Rajapaks
Jaffna/Colombo, 6 septembre 2006 (Apic) Les inquiétudes sur le sort du Père Thiruchchelvan Nihal Jim Brown, 34 ans, disparu depuis le 20 août dernier après être entré dans une zone contrôlée par la marine nationale sri lankaise, ne cessent d’augmenter. L’évêque de Jaffna, Mgr Thomas Savundaranayagam, a écrit une lettre au président du Sri Lanka Mahinda Rajapaks pour connaître le sort du prêtre disparu et de son assistant.
L’Eglise catholique au Sri Lanka est sans nouvelles du Père Thiruchchelvan Nihal Jim Brown et de son assistant Wenceslaus Vinces Vimalathas depuis qu’ils ont été vus pour la dernière fois le 20 août vers 14h à un poste de contrôle de la marine sri lankaise, sur l’île de Kayts, au large de la péninsule de Jaffna, dans le nord du Sri Lanka.
Wenceslaus Vinces Vimalathas et le Père Jim Brown, curé du village d’Allaipiddy, sur l’île de Kayts, ont quitté Allaipiddy à mobylette vers midi et demi le 20 août et ont pris la direction de Mandaithivu, un village voisin. La marine sri lankaise ne les a pas autorisés à entrer dans ce village et le Père Jim Brown et Wenceslaus Vinces Vimalathas ont décidé de regagner Allaipiddy. Depuis, ils sont portés «disparus». Des recherches ont été menées pour les retrouver dans plusieurs églises de la péninsule de Jaffna et dans les environs.
L’île de Kayts étant strictement contrôlée par la marine sri lankaise, on pense que les deux hommes pourraient avoir été appréhendés. Le contre-amiral Upali Ranaweera, commandant des forces navales pour la province du Nord, nie leur arrestation. Le religieux avait aidé plusieurs civils à quitter Allaipiddy pour la ville de Kayts à la suite d’affrontements armés qui ont opposé la marine sri lankaise et les Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul (LTTE). Nishanta, l’officier responsable du camp des forces navales d’Allaipiddy l’aurait menacé de mort à plusieurs reprises, l’accusant, avec d’autres civils, d’avoir aidé les LTTE à creuser des tranchées autour de son église lors des combats du début août.
L’évêque de Jaffna estime que si ces deux personnes «ont été arrêtées ou accusées d’un quelconque délit, elles doivent apparaître devant un tribunal». Mgr Thomas Savundaranayagam rappelle dans sa lettre au président du Sri Lanka qu’il ne sait pas si le prêtre et son assistant sont morts ou vivants.
Ces derniers mois, la situation des droits humains au Sri Lanka s’est considérablement dégradée, l’escalade de la violence ayant entraîné des atteintes aux droits humains généralisées et suscité un climat de peur et d’insécurité. Du fait de la multiplication des affrontements entre les forces de sécurité gouvernementales et les LTTE, depuis avril dernier, de très nombreux civils ont été tués ou blessés, plus de 200’000 personnes ont été déplacées et des maisons, des écoles et des lieux de culte ont été détruits. Le conflit qui déchire le Sri Lanka depuis plus de vingt ans a fait plus de 65 000 morts, essentiellement des civils. (apic/asianews/ai/be)



