Reconstruction après le tsunami
Sri Lanka: Les Eglises saluent l’accord entre le gouvernement et les rebelles
Colombo, 27 juin 2005 (Apic) Les responsables d’Eglises de Sri Lanka ont salué l’accord intervenu entre le gouvernement et les rebelles tamouls, qui autorise les agences d’entraide internationales à reconstruire les zones contrôlées par les rebelles, touchées par le raz de marée du 26 décembre.
«C’est une décision qui aurait dû être prise plus tôt», a déclaré l’évêque anglican Duleep de Chickera, de Colombo. «Nous sommes heureux que la présidente ait insisté pour que cela se fasse en dépit de l’opposition.»
Des représentants du gouvernement et des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) ont signé un protocole d’accord le 24 juin afin d’établir «une structure de gestion opérationnelle» commune, en dépit des protestations de groupes et partis représentant la majorité cinghalaise.
«C’est une autre étape vers la paix», s’est réjoui le pasteur Jayasiri Peiris, secrétaire général du Conseil national des Eglises de Sri Lanka, qui regroupe les huit grandes Eglises protestantes du pays.
Le gouvernement de coalition de l’Alliance populaire de la présidente Chandrika Kumaratunga a procédé à la signature de l’accord, même si les 39 membres – sur les 225 sièges que compte le parlement – du parti nationaliste cinghalais Janatha Vimukthi Peramuna (JVP), se sont retirés en plaçant le gouvernement dans une position minoritaire.
Les rebelles tamouls luttent depuis 1983 pour obtenir l’autonomie des régions à majorité tamoule dans le nord et l’est du pays. La guerre civile a fait plus de 65’000 morts et déplacé un million de personnes avant la signature d’un cessez-le-feu en 2002.
La reconstruction peut ouvrir la voie à la paix
Les bouddhistes cinghalais représentent environ 70% des 20 millions d’habitants de la nation; les hindous, principalement des Tamouls de souche, 17%; et les chrétiens et les musulmans les 13% restants.
Le pasteur Peiris a précisé que la présidente avait convoqué une conférence de 1’500 moines bouddhistes afin d’obtenir leur soutien à la structure de gestion, qui autorisera les opérations de secours et de reconstruction dans les zones contrôlées par les rebelles tamouls, financées par l’aide internationale promise, de trois milliards de dollars EU à Sri Lanka. «C’est une grande chance de faire revivre le processus de paix aujourd’hui dans l’impasse», a déclaré Antony Muthu, porte-parole de Caritas Sri Lanka, une agence d’entraide catholique romaine.
Le cessez-le-feu de 2002 entre les rebelles tamouls et l’armée sri-lankaise est toujours en vigueur mais les accords de paix ont été bloqués par les demandes d’autonomie intérimaire pour les zones contrôlées par les rebelles. «Si le gouvernement et les LTTE pouvaient collaborer dans le domaine de la reconstruction, espère Antony Muthu, cela pourrait ouvrir la voie à la reprise des pourparlers de paix.» (apic/eni/vb)



