Eviter les fraudes marquées par l’intimidation

Sri Lanka: Les évêques critiquent les leaders politiques à la veille des élections

Colombo, 26 novembre 2001 (APIC) Les évêques catholiques du Sri Lanka mettent en garde contre une escalade de la violence qui compromettrait le scrutin et accusent les hommes politiques de n’être mus que par leur intérêt propre. Cette mise en garde intervient au lendemain de la mort de deux militants de l’opposition. La violence éclate surtout dans les provinces du centre et du sud.

«Les élections doivent se faire dans un climat de non-violence «, demandent les évêques du Sri Lanka à la veille des élections générales du 5 décembre. Les évêques redoutent que les élections ” ne deviennent vite une fraude marquée par l’intimidation, les calomnies, des attaques de bandes armées, des votes truqués, des difficultés voulues dans la distribution des cartes d’électeurs, la destruction de biens privés ou publics, etc. ” Ils accusent aussi les hommes politiques de manquer à leur devoir : ” Alors que la nation est confrontée à une situation préoccupante de guerre, à l’instabilité économique, à la criminalité et à la décadence morale, avec tous les maux qui en découlent, nos dirigeants politiques semblent n’être intéressés que par la victoire de leur parti. «

Les Sri Lankais iront voter tout juste un an après les dernières élections générales. Ils peuvent difficilement se permettre de nouvelles élections, au milieu de la crise économique la plus grave depuis l’indépendance.» Le pays a connu ces derniers mois une convulsion politique sans précédent, et les partis politiques et leurs militants cherchent à utiliser tous les moyens dont ils disposent pour obtenir le pouvoir, explique un observateur, cité par l’agence vaticane Fides.

Le climat politique a été sérieusement secoué par la décision du Président, tout d’abord de prolonger le Parlement et d’organiser un référendum au mois d’août de cette année. L’échec d’une entente avec un parti socialiste ultra, le «Janata Vimukti Peramuna» a ensuite eu pour effet l’’annulation du référendum et la dissolution du parlement. Le Président a alors fixé une date pour des élections générales. Les gens, naturellement, sont troublés devant ces tergiversations du Président, vu que c’est le Parlement qui représente leurs intérêts. «L’impression de beaucoup est que ces décisions et les violences qui s’installent montrent que les hommes politiques au pouvoir font tout pour s’y maintenir.

Le pouvoir civique, une arme pour changer la situation

La Conférence épiscopale demande à tous les dirigeants religieux et politiques d’éduquer la population à refuser la culture de violence et de former des comités de paix pour aider les ONG dans leur contrôle des élections, ainsi que pour obtenir des élections dans la liberté et dans le calme. Les dirigeants bouddhistes ont demandé eux aussi que tout soit fait pour empêcher l’escalade de la violence.

La Caritas du Sri Lanka a organisé une réunion en vue de permettre aux représentants des partis politiques, des différentes religions, des laïcs et des représentants des ONG (qui ont acquis une certaine expérience dans le contrôle des élections) de discuter du climat politique actuel. Elle a été présidée par Mgr Nicholas Marcus Fernando archevêque de Colombo.

Dans son discours, Mgr Vincent Marius Joseph Peiris, évêque auxiliaire de Colombo a insisté pour que les gens ” choisissent avec sagesse des candidats et des partis politiques, pour mettre un terme à une situation qui menace les structures démographiques du pays «. Une personnalité marquante du monde de l’information, Sunanda Deshapriya, a condamné l’utilisation, pour la propagande du gouvernement, des ressources publiques et des moyens d’information, car ” c’est un abus de pouvoir manifeste «. Le Père Damien Fernando, directeur de la Caritas, a insisté sur la nécessité d’éduquer les gens et de les former à l’exercice du pouvoir, à commencer par les classes les plus humbles. ” Le pouvoir civique peut être une arme puissante pour changer la situation présente «, a-t-il déclaré. (apic/cip/mk)

26 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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