La coexistence pacifique de la société est mise en danger
Sri Lanka: Les évêques dénoncent les dérives des sectes évangéliques
Colombo, 28 janvier 2004 (Apic) Confrontée à une série d’agressions depuis plusieurs mois, l’Eglise catholique du Sri Lanka a ouvertement pris position contre les sectes fondamentalistes chrétiennes, dont le comportement aurait «mis en danger la coexistence pacifique de la société cingalaise». Un mouvement bouddhiste accusait globalement les chrétiens de conversions malvenues auprès de la population locale.
Depuis quelques mois les églises et les institutions chrétiennes, y compris l’église catholique, sont les cibles d’intimidations et de violences de la part des membres d’un mouvement bouddhiste qui accuse les chrétiens de convertir avec des méthodes peu éthiques la population locale. Le 27 janvier encore, une église était dévastée dans les environs de Colombo.
Dans un document de la conférence épiscopale cingalaise parvenu à l’Agence Misna, on lit que les «évêques considèrent opportun de présenter le plus clairement possible le fait que l’Eglise catholique est en nette opposition à ces sectes». «Nous ne favorisons aucune de ces mesures, comme l’appât d’aides matérielles ou des pressions impropres», poursuit la note, «que ces groupes utiliseraient avec pour but d’obtenir les fameuses conversions non éthiques». Les évêques ont par ailleurs exprimé leur désapprobation pour l’interprétation littérale que ces organisations font de la Bible et diffusent.
Une loi contre les conversions «non éthiques» au christianisme?
Récemment la communauté bouddhiste a demandé à la présidente Chandrika Kumaratunga de formuler une norme contre les conversions «non éthiques» au christianisme, une mesure que les évêques suivent avec une grande attention: «Nous sommes de l’avis que déclarer cette pratique hors- la-loi ne résoudra pas le problème. L’intervention normative risque seulement d’exacerber davantage encore la situation».
La Conférence des évêques, qui rappelle au législateur la difficulté de définir avec une loi quels seraient les critères pour évaluer la légitimité ou le caractère inacceptable d’une conversion, craint en effet que d’éventuels procès contre des individus suspectés de «conversions» illégales finissent par créer de majeures fractures et porter à l’érosion des relations interreligieuses. (apic/misna/bb)



