La guérilla tamoul essaye de gagner du temps
Sri Lanka: Les évêques invitent à construire la paix
Colombo, 6 juin 2000 (APIC) Il devient urgent d’accélérer les pourparlers, estiment les évêques du Sri Lanka, qui demandent au peuple, aux partis politiques et aux pays en général de manifester ouvertement leur soutien au processus de paix afin de mettre fin au conflit qui paralyse le pays.
Les observateurs pensent cependant qu’aucune amélioration ne peut être attendue tant que les guérilleros tamoul ne préciseront pas leurs revendications. «Face aux pertes humaines et à la souffrance nous demandons à tous ceux qui sont favorables à une solution pacifique d’exprimer leur soutien aux négociations, relève Mgr Oswald Gomis, évêque de Anuradhapura et président de la Conférence épiscopale dans un communiqué officiel.
Selon l’agence missionnaire Fidesà Rome, les opposants ont accepté la présence de la Norvège comme pays médiateur, mais, de l’avis des observateurs, le «Liberation Tiger of Tamil Eelam» (LTTE) n’a pas encore exprimé son point de vue sur le processus de paix, et tant qu’il ne le fera pas, les possibilités de pourparlers sont quasi inexistantes.
Le gouvernement fait pression pour entamer les négociations, alors qu’au niveau politique, on discute d’une décentralisation administrative qui puisse satisfaire les aspirations des minorités. Cependant, jusqu’à présent, aucun signe n’a été donné de la part du LTTE.
Les observateurs, note Fides, pensent que les guérilleros veulent d’abord prendre le contrôle de Jaffna. Vu le large déploiement de forces gouvernementales, atteindre ce but ne sera sans doute pas aisé. Dans les milieux politiques, on pense que le LTTE devrait accepter de négocier afin d’éviter la souffrance des populations civiles. Les réfugiés de la péninsule de Jaffna sont désormais 150’000, la majorité étant d’ethnie tamoul.
Le gouvernement a déclaré le 7 juin «Journée des héros de guerre» et a demandé deux minutes de silence pour tous les morts du conflit qui dure depuis 17 ans.
Les civils, eux, ont entamé leur exode vers l’Inde, dans l’état méridional de Tamilnadu. Mgr Peter Remigius, évêque de Kumbakonam dans l’état de Tamilnadu, a signalé que deux camps de réfugiés ont déjà été construits dans son diocèse. Selon l’évêque, le gouvernement de New Delhi décourage l’afflux des réfugiés, craignant que des membres du LTTE ne se soient infiltrés parmi eux. (apic/cip/fides/pr)



