Ils proposent la création d’un Conseil interreligieux

Sri Lanka: Les évêques préoccupés par la loi anti-conversions

Colombo, 2 mai 2005 (Apic) Les évêques sri lankais ont adressé un document public aux parlementaires du pays. Sous le titre «Lettre aux parlementaires», les évêques réaffirment la liberté de conscience et propose la création d’un Conseil interreligieux. Surtout, ils demandent aux parlementaires de se prononcer contre la loi anti-conversions, à l’heure où l’Assemblée Nationale s’apprête à examiner et à voter cette loi.

Celle-ci rend illégale la conversion religieuse dans des circonstances qui peuvent être considérées comme «non éthiques» et illégales. Le pouvoir discrétionnaire est laissé à un magistrat qui doit décider si le changement de religion est l’oeuvre du prosélytisme ou de la tromperie. Le concept de prosélytisme préoccupe beaucoup l’Eglise catholique, car c’est ainsi que l’on définit aussi la simple activité de charité ou de solidarité.

Dans le document publié ces jours, indique l’Agence Fides à Rome, les évêques déclarent qu’ils comprennent «le but de protéger la liberté religieuse dans le pays», mais affirment que la nouvelle législation ne semble pas servir l’objectif pour lequel elle a été élaborée.

«Nous condamnons avec force toute tentative de conversions non éthiques, parce qu’elles s’opposent à l’enseignement du christianisme, qui soutient la liberté de conscience», peut-on lire dans ce document signé par Mgr Vianney Fernando, président de la Conférence épiscopale du pays. «Mais nous affirmons sans équivoque que chacun a la liberté d’accepter, dans sa volonté libre, une autre religion. Cette liberté est sacrée et inviolable, et est garantie par la Charte fondamentale des Droits de l’homme, ainsi que par notre Constitution. Toute tentative de limiter cette liberté fondamentale est une violation flagrante des droits fondamentaux de base. Une loi pour empêcher les conversions non éthiques ne peut et ne doit en aucun cas restreindre cette liberté de conscience», font remarquer les prélats sri lankais.

Pas l’harmonie escomptée

Ces derniers notent que la loi «n’apportera pas l’harmonie interreligieuse, mais entraînera de nouvelles suspicions et de nouvelles hostilités entre les membres des différentes religions». Aussi proposent- ils de renforcer la coopération interreligieuse en créant un Conseil interreligieux comprenant les dirigeants de toutes les religions du pays.

Ce Conseil, estime les évêques, pourrait être mis en place grâce à une décision. Le Conseil en question, à qui il serait conférer des pouvoirs d’enquête sur les dénonciations de conversions non éthiques, pourrait avoir 24 membres, bouddhistes, hindous, musulmans, et chrétiens. «Nous demandons au gouvernement et à tous ceux qui ont le souci de l’harmonie interreligieuse dans le pays, d’assurer à tous les citoyens leur liberté fondamentale de religion». (apic/fides/pr)

2 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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