Critiques contre le gouvernement

Sri Lanka: Les évêques rejettent le référendum

Colombo, 26 juillet 2001 (APIC) Le calme est revenu à l’aéroport international de Colombo, après l’attaque violente des Tigres Tamouls. Cette attaque, lancée le 24 juillet, a fait au moins 17 morts (12 Tigres Tamouls, 5 militaires), et a bloqué des centaines de touristes, dont 8 ont été blessés.

Mgr Nicholas Marcus Fernando, archevêque de Colombo, s’est exprimé après l’attaque: «Nous nous sommes réveillés aujourd’hui avec la nouvelle des violences à l’aéroport, déclare-t-il dans un communiqué. Depuis longtemps, les personnes sensées invitent les partis politiques à former un gouvernement d’unité nationale, dans l’intérêt du pays. Il n’est pas trop tard pour convoquer le Parlement et pour résoudre les problèmes du pays, avant qu’il ne finisse dans le chaos. Ce pourrait être la dernière occasion pour sauver le Sri Lanka», estime-t-il a travers un entretient accordé à l’Agence vaticane Fides.

Le 11 juillet, la présidente du pays, Mme Kumaratunga, ayant perdu la majorité au Parlement par le retrait de l’Alliance musulmane de sa coalition, a suspendu le Parlement et ordonné un référendum pour le 21 août. La population devra se prononcer sur un amendement de la Constitution. Mais de nombreuses personnes pensent que la question posée est trop simpliste, car elle n’explique pas comment la Constitution devrait être changée. «Chaque citoyen se trouve face au dilemme d’un référendum qui arrive à l’improviste», écrit l’archevêque de Colombo.

Mgr Frank Marcus Fernando, évêque de Chilaw, s’est également prononcé contre le référendum dans une lettre pastorale. Il le juge inutile: «Les indications et éclaircissements que le gouvernement donnera probablement serviront à jeter une plus grande confusion chez les citoyens, et cela pourrait engendrer le chaos. L’idée même d’une consultation populaire est une erreur». L’évêque demande donc à la présidente de redonner ses pouvoirs au Parlement et d’annuler le référendum.

Promesses non tenues

L’évêque de Kurunegala, Mgr Raymond Peiris, est du même avis. «En 1994, ce gouvernement a reçu mandat de changer la Constitution. Il avait promis de le faire, mais il n’a pas tenu sa promesse. Quelle garantie a-t-on que ce référendum aura lieu? Il faut unir le pays et non le diviser. Le référendum pourrait être une source de corruption et d’abus de pouvoir… Alors que le pays va vers une crise économique grave, le référendum sera une dépense inutile en plus».

Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire «Sinhala», Mgr Malcom Ranjith, secrétaire de la Conférence épiscopale, déclare de son côté: «Le rôle du gouvernement est d’assurer le bonheur des gens et de résoudre les problèmes du pays. Ce gouvernement a ignoré ces objectifs, ainsi que les demandes présentées par la Conférence épiscopale de créer des Commissions indépendantes pour les élections, pour la justice et pour la police. Rien n’a été fait pour résoudre la question du Nord-est du pays et arrêter le conflit en cours. On dénote plutôt la volonté de se maintenir au pouvoir. Un gouvernement qui ne défend pas les droits des citoyens a échoué dans sa tâche».

Pendant ce temps, la société civile se mobilise pour une manifestation populaire prévue pour le 1er août. Elle rassemblera différentes associations, les étudiants, les catholiques, les bouddhistes. (apic/cip/fs/pr)

26 juillet 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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