Des femmes victimes de la guerre civile retrouvent l’espoir
Sri Lanka: Programmes mis en place par l’Eglise catholique
Akkarayan, Sri Lanka, 10 janvier 2006 (Apic) A cause du conflit entre les rebelles et le forces gouvernementales au Sri Lanka, quelque 500’000 Tamouls, au nord de Jaffna, vivent dans des conditions précaires, souvent dans des huttes sans électricité, sans eau courante et sans routes adéquates.
En 2002, la signature de l’accord de cessez-le-feu a instauré une paix précaire au Sri Lanka mais la population a encore des craintes pour son avenir. Une série d’attaques perpétrées récemment contre les militaires et la police menace l’accord de paix, même si les rebelles des Tigres de libération de l’Eelam tamoul nient toute implication.
Déplacée plusieurs fois durant deux décennies à cause des combats livrés pendant la guerre civile avec les rebelles tamouls dans le nord de Sri Lanka, le témoignage d’une mère de famille, Pushpa Thiagarajah, est poignant. Avec ses cinq enfants, la lutte de la famille pour sa survie a changé après que la jeune femme ait décidé de rejoindre un groupe d’entraide composé de femmes et organisé par l’Eglise catholique romaine.
«Avant, nous n’avions rien. Aujourd’hui, nous sommes heureux», a expliqué Pushpa Thiagarajah, une hindoue, au correspondant de l’agence oecuménique ENI dans le village d’Akkarayan, à 15 kilomètres de Kilinochchi, la capitale de la région Wanni sous contrôle des rebelles tamouls. Avec un prêt de 5’000 roupies (environ 41 euros) obtenu auprès du groupe d’entraide, Pushpa Thiagarajah a acheté une vache il y a deux ans. «Mes enfants ont commencé à boire du lait», se réjouit la mère, car le lait est considéré comme une boisson de luxe pour la plupart des habitants de Wanni.
15’000 élèves nourris dans les zones contrôlées par les rebelles
A cause du conflit entre les rebelles et le forces gouvernementales du Sri Lanka, les quelque 500’000 Tamouls de Wanni vivent dans des conditions précaires, souvent dans des huttes sans électricité, sans eau courante et sans routes adéquates.
Le père G. Peter, un prêtre catholique, directeur du service social de l’Eglise dans la région, a précisé que l’Eglise catholique gère plusieurs programmes d’aide aux veuves et orphelins de guerre dans les zones contrôlées par les rebelles.
Environ 1’000 femmes, en majorité des veuves hindoues, participent aux programmes, qui nourrit aussi quotidiennement 15’000 élèves de 85 écoles dans les zones où sévissent les rebelles.
Plus de 65’000 personnes sont mortes et quelque deux millions ont été déplacées depuis 1983, date à laquelle les rebelles tamouls ont pris les armes pour obtenir l’autonomie des régions majoritairement tamoules dans le nord et l’est de l’île. (apic/eni/vb)



