Projet suspecté d’éloigner les pêcheurs au profit des promoteurs

Sri Lanka: Un évêque anglican critique la création d’une zone tampon après le tsunami

Colombo, 31 mars 2005 (Apic) Un évêque anglican sri-lankais a critiqué le projet gouvernemental de créer une zone tampon inhabitée près de la mer afin d’assurer une protection contre les catastrophes comme le tsunami.

Aujourd’hui, les critiques pleuvent et avancent que le gouvernement veut éloigner les pauvres pêcheurs afin d’attirer la construction de stations luxueuses qui, craignent-ils, n’auront pas à se conformer aux nouvelles règles.»Il y a encore des maisons et des commerces sur la cote», a argumenté l’évêque Duleep de Chickera de Colombo qui, dans son message pascal, a averti que le projet de zone tampon à 100-200 mètres de la mer risquait de créer une nouvelle catégorie de personnes déplacées.

L’on compte déjà plus d’un million de personnes déplacées à Sri Lanka à cause de la guerre civile de vingt ans entre les forces gouvernementales et la guérilla réclame l’autonomie des régions dont la population est majoritairement tamoule dans le Nord et l’Est du pays.

La présidente Chandrika Kumaratunga a souligné la nécessité de créer une zone tampon, rendu nécessaire, selon elle, après les tsunamis et le tremblement de terre du 28 mars de magnitude 8,7 qui a fait des centaines de morts dans l’île de Nias, en Indonésie, et provoqué la crainte d’un tsunami.

Plus de 31’000 personnes sont mortes au Sri Lanka après le tsunami du 26 décembre et des millions d’habitants ont été privés de leurs foyers. Peu après la catastrophe, le gouvernement a interdit la reconstruction dans un rayon de 100 mètres près de la cote, précisant qu’il voulait prévenir un bilan meurtrier si une telle catastrophe se reproduisait.

Les critiques avancent que le gouvernement veut éloigner les pauvres pêcheurs afin d’attirer la construction de stations luxueuses qui, craignent-ils, n’auront pas à se conformer aux nouvelles règles. L’évêque de Chickera estime que le projet pourrait alourdir «le fardeau déjà insupportable que doit porter notre pays dévasté, divisé et épuisé».

Selon le père Damian Fernando, directeur de l’agence d’entraide catholique Caritas Sri Lanka, le projet se heurte à «une forte opposition». Le débat concernant la zone tampon freine le travail d’organisations comme Caritas qui se voient refuser l’autorisation de commencer les réparations urgentes des maisons endommagées le long de la zone côtière. (apic/eni/pr)

31 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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