Mesure discriminatoire prise par la Grande-Bretagne

Sri Lanka: Un évêque anglican dénonce le prélèvement des empreintes pour les visas

Colombo, 30 juillet 2006 (Apic) Un évêque du Sri Lanka se bat contre le prélèvement des empreintes digitales pour les visas britanniques. Il mène campagne et dénonce cette discrimination. Pas question, pour lui, de se rendre à Londres tant qu’elle durera.

La Communion anglicane mondiale a son siège à Londres mais l’évêque anglican sri lankais Duleep de Chickera l’affirme haut et fort: il ne se rendra pas en Grande-Bretagne tant qu’elle ne reviendra pas sur le prélèvement obligatoire des empreintes digitales imposé aux demandeurs de visa dans son pays, ou qu’elle ne l’imposera pas à tous les autres pays.

«Il s’agit d’une mesure discriminatoire et d’une insulte aux citoyens sri lankais», a déclaré l’évêque Chickera pour expliquer sa campagne contre le prélèvement obligatoire des empreintes digitales des demandeurs de visas britanniques pour les citoyens sri lankais et ceux de plusieurs pays africains. «Je sais que cette décision a un coût, puisque notre Eglise mère se trouve là-bas. Mais ma conscience ne me permet pas de me soumettre à cette exigence partiale», a déclaré l’évêque à l’Agence oecuménique ENI.

La Grande-Bretagne a rendu obligatoire en 2004 le prélèvement des empreintes digitales pour les sri lankais faisant une demande de visa, après avoir testé la mesure en 2003. Elle avait également annoncé son intention d’étendre le principe aux personnes faisant une demande de visa depuis Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Tanzanie et l’Ouganda.

Retrait

Depuis lors, l’évêque Chickera exige le retrait de la mesure, faisant parvenir des lettres de protestation au ministre de l’Intérieur britannique et à l’ambassadeur britannique au Sri Lanka. «Nous exigeons que la mesure soit appliquée de manière universelle et que la discrimination sélective prenne fin», a-t-il ajouté. «La Grande-Bretagne met à l’écart le Sri Lanka et quelques autres pays. C’est inacceptable».

Dans ses lettres, l’évêque déclare que l’obligation de prélèvement des empreintes digitales faisait resurgir l’humiliation subie par les sri lankais, en raison d’une suspicion selon laquelle «tous ou la plupart d’entre nous» sont des terroristes, des demandeurs d’asile ou des réfugiés économiques.

Plusieurs milliers de sri lankais ont émigré en Europe en raison du conflit ethnique qui secoue leur pays, où plus de 65’000 personnes ont été tuées et près de deux millions déplacées, sur une population totale de 20 millions d’habitants. (apic/eni/pr)

30 juillet 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!