Détruire les murs de séparation
Sri Lanka: Un responsable chrétien veut mettre fin aux divisions au sein des Eglises
Colombo, 22 août 2007 (Apic) Un haut responsable du Conseil chrétien national de Sri Lanka affirme que même les Eglises dans son pays déchiré par un conflit sont divisées sur le plan ethnique. Il propose ainsi une démarche en vue de «détruire les murs de séparation».
«Est-il possible à des responsables d’Eglises sur le plan national de charger les membres du clergé dans les régions de mener ensemble une mission significative et utile au travers d’activités oecuméniques?» a demandé le prêtre anglican Jayasiri Peiris, secrétaire général du Conseil chrétien national. Telle est la proposition qu’il a faite le 11 aout à Colombo, et transmise par l’egence ENI le 22 août, dans un discours prononcé lors de la réunion annuelle de cette instance à laquelle assistaient des responsables et des délégués des huit Eglises membres protestantes.
«Si on encourage les Eglises à détruire les murs de séparation qui existent dans leurs propres communautés, elles seront des sources de vie pour leur entourage», a affirmé Jayasiri Peiris. Cette recommandation a été faite en présence d’une équipe de six délégués du Conseil oecuménique des Eglises qui s’était rendue au Sri Lanka du 4 au 14 août dans le cadre du programme de la Décennie «vaincre la violence» du COE.
Surmonter les sentiments ethniques, même parmi les chrétiens
Le pasteur W.P. Ebenezer Joseph, responsable de l’Eglise méthodiste au Sri Lanka, et membre du Comité central du COE, organe directeur de cet organisme mondial, a été élu à l’unanimité président du CCN au cours de l’assemblée. Il a déclaré au correspondant d’ENI: «Nous devons prendre davantage de mesures pour surmonter les sentiments ethniques, même parmi les chrétiens».
Plus de 70’000 personnes ont été tuées pendant le conflit ethnique qui a ravagé cette île de l’Océan indien pendant trois décennies au cours d’une campagne sanglante menée par les rebelles tamouls pour obtenir leur autonomie face à la domination de la communauté cinghalaise, composée essentiellement de bouddhistes.
Alors que les régions ethniques tamoules constituent 18% de la population du Sri Lanka, qui compte 19 millions d’habitants, celles d’expression cinghalaise en forment 70%. Selon de nombreux Sri Lankais, les chrétiens qui représentent 6% de la population sont la seule communauté religieuse connue pour avoir des paroisses parmi les tamouls et les cinghalais qui sont divisés ethniquement.
Affirmant que l’Eglise au Sri Lanka est «Colombo-centrique», Jayasiri Peiris a souligné la nécessité de la voir devenir «polycentrique» et plaidé en faveur d’une «plus grande interaction entre ces centres» qui sont situés au nord et à l’est (à majorité tamoule) et au sud (à majorité cinghalaise).
Il a suggéré par ailleurs que le Conseil chrétien national de Sri Lanka «sauvegarde et favorise la nature monocentrique de l’Eglise au travers d’activités oecuméniques dans les régions». «Un clergé interdénominationnel contribuera largement à la formation d’une grande unité ethnique», a-t-il déclaré dans une interview qu’il a donnée à ENI. (apic/eni/bb)



