La sortie reste un manquement à la communion ecclésiale

St-Gall: Mgr Ivo Fürer prend position sur les conséquences de la sortie d’Eglise

Rosmarie Früh (*), Apic / Adaptation: Bernard Bovigny

St-Gall, 26 novembre 2003 (Apic) Même dans la société «la plus idéale», il n’est pas possible de rester membre sans s’acquitter de sa cotisation. Et pourtant, toujours plus de catholiques quittent leur paroisse et tout en voulant rester dans l’Eglise, déplore Mgr Ivo Fürer, évêque de St-Gall, dans une prise de position diffusée récemment.

La sortie d’Eglise constitue un manquement à la communion ecclésiale. C’est ce qu’affirme Mgr Ivo Fürer dans son document intitulé «Eglise et sortie d’Eglise» envoyé aux agents pastoraux (prêtres et laïcs), ainsi qu’aux conseils paroissiaux et administratifs de son diocèse.

Le papier rappelle d’abord les directives pastorales diocésaines de 1994, puis guide les destinataires dans l’approche des personnes qui envisagent de quitter l’Eglise ou ont déjà annoncé leur sortie. L’évêque de St-Gall recommande par exemple de renoncer à percevoir des émoluments pour des services rendus par les paroisses, «car cela obscurcit le sens de la communauté ecclésiale et renforce le point de vue selon lequel l’Eglise est une entreprise de prestation de services».

Le baptisé reste membre de la communauté des croyants

Mgr Fürer sait que les experts ne sont pas unanimes sur la question, et beaucoup distinguent la sortie «ecclésiale» et «civile». Il rappelle cependant que par le baptême, le chrétien demeure pour toujours membre de la communauté des croyants. Dans le canton de St-Gall, les catholiques font autant partie de leur confession que de la communauté paroissiale. Et la confession catholique, selon les principes du droit démocratique cantonal, est reconnue comme la communauté organisée des catholiques romains. L’Etat reconnaît à l’Eglise catholique le droit de prélever des impôts auprès de ses membres en vue d’accomplir sa mission dans le diocèse. Selon Mgr Fürer, une sortie de la communauté ecclésiale, et par là même de la confession catholique, «constitue un manquement à la participation à un service que l’Eglise accomplit en accord et avec l’approbation de l’évêque, et oblige ce dernier à rechercher d’autres sources de financement».

Pour l’évêque de St-Gall, ce manquement, qui ne signifie pas la rupture de toutes les relations avec l’Eglise, a tout de même des conséquences lourdes: séparation avec la communauté des croyants, renoncement aux sacrements et aux services de l’Eglise, et notamment à un enterrement de rite catholique, perte de son droit d’intervention dans l’Eglise, difficultés d’être choisi comme marraine ou parrain. BB

* Rosmarie Früh est responsable de l’information au diocèse de St-Gall

(apic/rf/bb)

26 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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