Rome: Rencontre inattendue à la Garde suisse au Vatican

Stanislas Calderara, champion d’haltérophilie

Rome, 28 juillet 2010 (Apic) C’est dans la petite taverne Saint-Sébastien, du nom de l’un des 3 saints patrons de la Garde suisse pontificale, au Vatican, qu’a lieu la rencontre avec Stanislas Calderara. Ce garde suisse est de repos, après 9 jours de travail d’affilée. Trophées et médailles militaires attirent le regard. Le lieu, silencieux, est très approprié pour se laisser emporter par le récit de ce sportif de haut niveau de 22 ans, qui lui aussi collectionne à titre privé les trophées et médailles… d’haltérophilie!

Stanislas Calderara vient de finir sa semaine. Dans la Garde suisse, elle dure 9 jours: «c’est un petit sacrifice, mais on est là pour le Saint-Père», confie ce catholique musclé, avant d’estimer que «servir le Saint-Père est un honneur». Baptisé à sa naissance, Stanislas ne fera sa première communion qu’en 2008 puis sa confirmation une année après, à Neuchâtel (Suisse) d’où il est originaire, juste avant d’intégrer la Garde suisse, en novembre 2009.

Ses ancêtres italiens étaient tailleurs de pierre. Sa mère est originaire de l’île Maurice et son père est Helvète. C’est de ce dernier que lui vient sa passion pour l’haltérophilie. Pour preuve, son père était champion de Suisse de ce sport de force en 1969. Stanislas est passionné par le sport: il s’est essayé à la lutte suisse, à la lutte libre, à la lutte gréco-romaine, à la natation, au football et au football américain. Jusqu’au jour où il trouve chez lui des médailles cachées dans le salon. L’humilité étant une valeur de famille chez les Calderara, son père lui répond tout simplement: «c’est quand je soulevais de la fonte».

200 kilos en «soulevé de terre»

A 16 ans, Stanislas démarre alors le ›powerlifting’ (ou force athlétique) et l’haltérophilie. Ce seul sportif de force de la Garde a été 3 fois champion de Suisse de ›powerlifting’ et a battu 2 records d’Europe dans les catégories des moins de 82 kg et moins de 90 kg. En ›soulevé de terre’, l’une des 3 disciplines du ›powerlifting’, Stanislas élève jusqu’à 200 kg. A l’image des atlantes. Il a aussi été champion suisse cadet dans la catégorie des moins de 85 kg en haltérophilie.

Cependant, Stanislas tient à préciser qu’il n’est pas un «bodybuilder», il ne soulève pas du «tonnage» pour sa forme physique, mais pour soulever le plus de fonte. Sa passion ne laisse pas de marbre ceux qui le rencontrent. Puis il explique qu’en Suisse il est très difficile de vivre de son sport. C’est ainsi que ce jeune garçon fait une école, en 4 ans, de menuiserie. Le Neuchâtelois n’a toutefois jamais oublié son désir d’être garde suisse.

Son rêve se concrétise alors il y a moins d’un an. Son dos et ses jambes musclés sont un atout pour un garde qui passe la plupart de son service debout. Stanislas a alors mis entre parenthèses sa passion qui lui demandait plus de 3 heures d’entraînement quotidien.

A l’instar de saint Stanislas, qui venait en aide aux pauvres, ce jeune Suisse plein de cœur n’hésite pas non plus à aller à la rencontre des personnes de la rue dans Rome certains soirs de la semaine dès que son service est terminé. Le pape est bien gardé. (apic/imedia/lb/bb)

28 juillet 2010 | 11:41
par webmaster@kath.ch
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