L’arbre et la forêt : du symbolisme culturel à l’agonie programmée

Strasbourg: IVe symposium de Klingenthal

Klingenthal, 23 septembre 1999 (APIC) Dans l’histoire de l’humanité, l’arbre et la forêt ont toujours occupé une place fondamentale. Après avoir consacré ses éditions précédentes à l’eau et au sol, le IVe symposium de Klingentahl, réuni à l’invitation de Pax Christi France, se penche cette année sur la question de la préservation de la forêt. L’occasion d’inviter à une vision globale qui ajoute à l’aspect économique, la dimension symbolique et spirituelle de la forêt.

Une des particularités des rencontres de Klingenthal est l’approche multidisciplinaire des questions. Parmi les quelque 80 participants, réunis pour quatre jours en Alsace, on trouve des scientifiques, des gestionnaires de la forêt, des défenseurs de la nature, des spécialistes du développement, mais aussi des théologiens et des représentants de diverses religions. Jean-Pierre Ribaut, président de la Commission «sauvegarde et gérance de la création» de Pax Christi France y tient beaucoup.

Les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la forêt risquent de dégénérer en catastrophes pour les générations futures. Plusieurs témoins des pays du sud sont venus en parler. La destruction de la forêt par son exploitation abusive est presque toujours liée à un mal développement, souligne Laetitia Soares du Brésil. Chaque année une surface forestière équivalent à prés de la moitié de la Suisse disparaît au Brésil. La nécessité d’une gestion durable est assez largement reconnue, mais son application se heurte à la défense farouche des intérêts particuliers, le plus souvent à court terme. Brûler la forêt pour y permettre le pâturage est une aberration même au point de économique., car les sols s’épuisent très vite.

Pour une gestion durable

Philippe Roch, directeur général de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage, propose trois objectifs de politique forestière. La conservation de l’aire forestière devrait constituer un premier but. Sur le plan international, on se heurte très rapidement alors à la question de la souveraineté nationale, qui couvre bien souvent en fait les intérêts de la classe dominante.

La gestion durable est un deuxième défi. Le profit économique est parfaitement compatible avec la protection de la ressource. Si cette prise de conscience a été faite presque partout en Europe c’est beaucoup plus rarement le cas ailleurs. Les processus d’éco-certification peuvent apporter un progrès dans ce domaine. Favoriser enfin la relation «spirituelle» de l’homme avec la forêt est également primordial. Pour Philippe Roch il faut apprendre à écouter, à sentir, à observer, à admirer, à vibrer, à vivre l’harmonisation avec la forêt comme un être vivant.

A ceux qui objectent que les problèmes de la forêt seraient secondaires par rapport à celui de survie de grandes populations, l’ancien responsable du «World Wildlife Found» (WWF) répond qu’une civilisation qui détruit la nature ne mérite pas le nom de civilisation. (apic/mp)

23 septembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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