Près de 50% des migrants sont des femmes

Strasbourg: L’Eglise face aux migrations internationales des femmes

Strasbourg, 1er octobre 2001 (APIC) Actuellement, près de 50% des migrants au niveau international sont des femmes, souvent exposées à un véritable trafic et à la prostitution. Ce phénomène nouveau, relativement récent, préoccupe l’Eglise. Les Directeurs nationaux de la pastorale des migrants, venus de quinze pays de l’ensemble de l’Europe, ont échangé sur cette évolution des flux migratoires. Ils ont siégé du 27 au 30 septembre à Strasbourg, à l’invitation du Comité des migrants du Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE). (*)

Les participants dressent une constatation générale: la migration féminine s’est nettement développée depuis 20 ans. Aux travailleurs migrants venus en Europe dans les années 1970, puis aux regroupements familiaux auxquels nous avons assisté (et qui continuent d’ailleurs encore), a succédé la période actuelle où près de 50 % des migrants internationaux sont des femmes.

C’est un phénomène nouveau. Selon Catherine Withol de Wenden, du Centre National de la Recherche scientifique (CNRS) à Paris, cette féminisation est due tant à des «facteurs d’attirance» dans les pays d’accueil qu’à la situation générale de pauvreté des pays de départ. Ce nouveau visage de la migration entraîne une évolution des comportements, souvent liée à des difficultés d’insertion, une baisse de la fécondité, mais aussi un véritable trafic des femmes et la prostitution.

Le fléau de la prostitution et du trafic des femmes

Ce dernier phénomène, en particulier, qui a fait l’objet de nombreuses observations et réflexions de la part des participants. Que faire pour enrayer ce fléau? Les témoignages donnés ont permis de montrer les efforts réalisés dans plusieurs pays par les Eglises, des associations et des communautés religieuses, le premier étant de favoriser une prise de conscience de ce trafic. Mais les défis à affronter sont nombreux: on a souligné ainsi celui de la misère qui sévit dans nombre de pays de l’Est, du Sud et de l’Asie, le trafic lié à l’argent (nous sommes dans un monde où tout est commercialisé), et plus encore la crise du sens de la vie et des valeurs.

Face à ces défis, chacune des Eglises a une action à entreprendre. Un engagement oecuménique est également indispensable, comme le souligne la Charte oecuménique des Eglises d’Europe, adoptée en avril 2001, qui condamne «toute forme de violence contre les femmes et les enfants». Cela est d’autant plus nécessaire que la migration féminine continuera sans doute à se développer dans le contexte de la mobilité croissante.

En fin de rencontre, plusieurs recommandations ont été adoptées par l’assemblée, entre autres: que les femmes immigrées aient plus de place et de responsabilités dans les communautés paroissiales; que les services d’Eglise renforcent davantage encore le soutien qu’ils apportent aux femmes sans papier, plus fragilisées que les hommes dans nos sociétés; que les responsables d’Eglises apportent leur contribution aux travaux des gouvernements nationaux et des instances européennes pour lutter contre le trafic des femmes et les protéger, aussi bien dans les pays de destination que dans les pays d’origine.

«Il s’agit en définitive de mieux respecter les droits de tout homme et de toute femme et donc de lutter contre toute forme d’esclavage moderne. Nous y invitent les Conventions internationales, mais aussi les Ecritures: pour nous, tout être humain est à l’image de Dieu», peut-on lire dans le communiqué du CCEE. (apic/ccee/com/be)

1 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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