Le Saint-Siège plaide pour la dignité humaine

Strasbourg: Réunion du Conseil de l’Europe

Strasbourg / Rome, 12 octobre 1997 (APIC) «Le Saint-Siège ne peut que s’associer aux efforts des Etats membres en vue de toujours mieux garantir le droit à la vie et à l’intégrité de la personne, soit par l’abrogation généralisée de la peine de mort, soit par la protection intensifiée de l’enfance, soit encore par l’interdiction du clonage humain» a relevé Mgr Jean-Louis Tauran, ’ministre des Affaires étrangères du Vatican’, samedi, lors du second sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des 40 pays membres du Conseil de l’Europe.

Le Saint-Siège participe depuis 1962 au Conseil de l’Europe. Mgr Tauran a dessiné les grandes lignes d’une «éthique communautaire de la solidarité». Il a rappelé la position de l’Eglise catholique en faveur de la protection de la dignité de la personne. Elle est, insiste-t-il, à la source de sa profession du «droit à la vie, de la conception jusqu’à la mort naturelle.»

A propos des manipulations génétiques et de l’éventualité du clonage d’êtres humains, Mgr Tauran, a souligné le refus catégorique de l’Eglise de voir du «matériel génétique humain livré au bon vouloir des expériences de toute sorte». .

Le respect de la dignité humaine passe aussi par celui des minorités et la défense des droits économiques et sociaux, définis par la «Charte sociale européenne», a relevé Mgr Tauran. L’Europe se doit de promouvoir une «éthique communautaire de la solidarité». Pour le représentant du Vatican, le Conseil de l’Europe constitue comme une «conscience de l’Europe» qui a joué un rôle de pionnier aussi bien pour la protection des droits humains dans le monde et dans les institutions européennes, qu’en vue de la promotion de la démocratie et d’un véritable bien commun européen.

Genève: Centenaire de l’Association catholique

internationale des services pour la jeunesse féminine (ACISJF)

Cent ans au service de la jeunesse

Genève, 12 octobre 1997 (APIC) Pas vieille du tout malgré son grand âge, l’Association catholique internationale des services pour la jeunesse féminine (ACISJF / IN VIA) a fêté samedi son centième anniversaire en l’église St-Nicolas de Flue, à Genève. L’occasion de rappeler les buts généreux de cette oeuvre née en 1897 à Fribourg, et de rendre hommage à ses fondatrices.

La messe présidée par Mgr Amédée Grab, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, et les allocutions officielles ont constitué les temps forts de la fête à laquelle ont participé des déléguées venues de toute la Suisse, amis aussi d’Allemagne, de France, d’Italie et d’Espagne. Le conseiller d’Etat Guy Olivier Segond et la présidente du parlement genevois, Christiane Sayegh, ont apporté le salut des autorités. Le premier a relevé que l’Association ne se limite plus aujourd’hui aux jeunes filles, que la provenance de ses bénéficiaires s’est très diversifiée et que les dangers qui les guettent ne concernent plus seulement la prostitution mais aussi les drogues et le chômage. La seconde a souligné que le monde a toujours davantage besoin de la solidarité. Michel Rossetti, maire de Genève, s’est dit convaincu que les valeurs qui fondent la société ont une composante spirituelle.

Marie-Claire de Boisdeffre, nouvelle présidente générale de l’ACISJF a évoqué l’engagement de toutes celles qui font vire l’association aux cours des ans. Les vœux du Vatican ont été exprimés à travers un message du pape Jean Paul II et par la bouche de Lucienne Sallé, membre du Conseil pontifical pour les laïcs.

La messe dite en pas moins de six langues a exprimé le caractère international de l’organisation.

Soutenir matériellement et moralement les jeunes filles

Préoccupées par l’exode massif de jeunes filles de la campagne vers les villes à la fin du siècle dernier, quelques femmes romandes prirent l’initiative de fonder une œuvre chargée de les encadrer, matériellement et moralement. Cette œuvre fut appelé alors de manière simplifiée «la protection de la jeune fille». Même si les mentalités et les données sociales ont beaucoup évolué, leur intuition reste valable. La jeunesse a toujours besoin d’attention et de soutien au moment où l’exclusion augmente et où les repères s’effilochent.

En 1896, une association nationale catholique, connue aujourd’hui sous le nom de «Pro Filia» voit le jour à Fribourg pour venir en aide aux jeunes travailleuses éloignées de leurs foyers et exposées à des dangers comme la prostitution ou la traite des blanches.

On s’aperçut rapidement que le problème dépassaient les frontières suisses et nécessitait la création d’un réseau plus large. Ce fut fait un an plus tard avec la mise sur pied d’une Association internationale qui obtint le soutien du Saint-Siège et dont l’action s’étendit rapidement.

Membre de la Conférence des organisations internationales catholiques (OIC), l’ACISJF bénéficie d’un statut consultatif auprès du Conseil de l’Europe et de l’UNESCO. Présente dans une trentaine de pays de trois continents, elle est très active, notamment en Amérique latine et en Afrique. Sans distinction de culture ou de religions, elle va à la rencontre des jeunes hors de leur foyer familial pour faciliter leur insertion sociale et professionnelle et favoriser leur «promotion intégrale» selon les termes de statuts. Elle le fait par l’intermédiaire de foyers d’accueil, de bureaux de placement, de service d’accueil en gare, de permanences d’information et de conseil et de centres de formation. (apic/gth/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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