Stop à la guerre, aux viols et à l’impunité
Sud-Kivu: Les femmes en colère s’adressent au pays et au monde
Bukavu, 5 juillet 2004 (Apic) Les femmes du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ont lancé un appel en direction de la communauté internationale et aux dirigeants nationaux pour dire «non à la guerre, aux viols et à l’impunité» dans leur pays.
S’adressant au secrétaire général et au Conseil de Sécurité de l’ONU, au CIAT (Comité international d’accompagnement de la transition), au procureur de la Cour pénale Internationale (CPI) Luis Moreno Ocampo, aux représentants de la MONUC (Mission onusienne en ex-Zaïre) ainsi qu’aux institutions de transition congolaises, la composante féminine de la société civile du Sud-Kivu dénonce «les guerres à répétition» et les «crimes contre l’humanité» perpétrés dans leur pays, devant la «persistance de l’impunité entretenue et tolérée par la justice congolaise et la justice internationale».
«Ces guerres qui trouvent toujours leur porte d’entrée au Sud-Kivu en général et à Bukavu en particulier» indiquent ces femmes à l’agence Misna, s’accompagnent «d’assassinats ciblés, de pillages, d’incendies des infrastructures sociales, sanitaires et économiques».
Les femmes du Sud-Kivu dénoncent la pratique du viol qu’elles qualifient d’»armes de guerre»: durant les conflits de 1996-1997, de 1998- 2002 et lors des derniers affrontements du 26 mai au 9 juin 2004 dans la zone de Bukavu, de nombreux cas de viol ont été enregistrés, notamment sur «les femmes enceintes et les enfants dont l’âge varie entre trois et dix ans».
Enquêtes exigées
Selon ces femmes en colères. les conséquences de ces actes de barbarie sont extrêmement graves et vont de la transmission du virus du sida au traumatisme profond, en passant par le rejet social. Rappelant que les protagonistes de la récente insurrection de militaires dans l’est du pays, Laurent Nkunda et Jules Mutebusi, sont des «repris de justice, auteurs de massacres dans la Province orientale et à Uvira», les signataires de l’appel demandent «l’application urgente de la décision du président du Conseil de Sécurité, à savoir que ces violations et exactions fassent l’objet d’une enquête».
Elles demandent enfin au gouvernement de Kinshasa de «rétablir l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national» et de «sanctionner les responsables des atrocités et de violations des droits de l’homme au Sud-Kivu», mais aussi de «privilégier et servir l’intérêt supérieur du pays au détriment de leurs intérêts égoïstes». (apic/misna/pr)




