Mgr Taban dénonce la passivité de l’ONU
Sud Soudan: plus de 100’000 personnes ont fui sous les bombes (200294)
Aix-la-Chapelle/Naïrobi, 20février(APIC) Mgr Paride Taban, évêque catholique du diocèse de Torit au sud du Soudan, a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle fasse pression par tous les moyens sur le
gouvernement de Khartoum afin de mettre fin aux bombardements des camps de
réfugiés dans le sud du pays.
Dans une conversation téléphonique avec l’organisation d’entraide missionnaire «Missio» en Allemagne, l’évêque a précisé le 17 février que de
violentes attaques ont contraint plus de 100.000 personnes à fuir vers
l’Ouganda et le Kenya. Le gouvernement soudanais empêche systématiquement
les ravitaillements en vivres. Le «Catholic Relief Service» tente, à partir
de l’Ouganda, d’apporter des secours dans la région où se trouvent les réfugiés. Mais comme les véhicules sont bloqués par la destruction de routes
importantes et de ponts, il faut transporter les colis de secours à pied,
ce qui représente 50 à 60 km de marche à travers la brousse.
La priorité est, par conséquent, de réparer les routes et d’obtenir
l’ouverture de nouveaux chemins d’accès pour aider les personnes dans le
besoin. Ce qui ne sera possible, souligne l’évêque, que par une pression
massive des Nations-Unies sur le gouvernement de Khartoum. Mgr Taban compte
donc sur les organisations d’aide internationales pour obtenir les moyens
nécessaires à la réparation des routes. C’est seulement alors que l’on
pourra procurer des vivres aux réfugiés. En attendant, l’évêque a critiqué
la passivité des Nations-Unies. L’ONU sait fort bien par ses représentants
sur place, que les camps bombardés ne sont pas des camps militaires, a-t-il
expliqué. Elle sait aussi que le gouvernement soudanais cherche résolument
à chasser des centaines de milliers de civils en recourant à des attaques
terroristes.
«Il y a des années que nous répétons notre demande d’instaurer des zones
de sécurité pour protéger les innocents», a déclaré Mgr Taban, déplorant le
peu de réactions du monde occidental. «Pourquoi la communauté internationale n’a-t-elle finalement rien entrepris?», conclu-t-il en s’interrogeant.
(apic/cxip/pr)



