Un avantage, estime le primat de cette Eglise en crise
Suède: L’Eglise de Suède cessera l’an prochain d’être un organe officiel de l’Etat
Stockholm, 17 mars 1999 (APIC) Selon le primat de l’Eglise luthérienne de Suède, les liens entre son Eglise et l’Etat n’apportent que des désavantages. Pour le primat, l’archevêque d’Uppsala, Mgr Hammar, dont l’Eglise cessera d’être un organe officiel de l’Etat l’an prochain, cette séparation de l’Eglise et de l’Etat est «inévitable dans les pays occidentaux avancés».
L’établissement de l’Eglise de Suède telle qu’elle est aujourd’hui date de la Réforme luthérienne du 16e siècle, le roi étant chef de l’Eglise et le Parlement promulguant sa base confessionnelle et légale. Les évêques et doyens de cathédrale sont nommés par le gouvernement. Cela changera l’année prochaine lorsque l’Eglise reprendra la responsabilité de choisir ses responsables et de promulguer ses propres ordonnances législatives.
L’archevêque Hammar s’est déclaré très «enthousiaste à l’idée de faire partie de ce changement historique. Cela nous pousse à établir de relations d’un nouveau genre avec les gens. Au lieu de leur dire ce qu’ils doivent faire, nous devons écouter, et, si nous écoutons, nous pouvons découvrir que nous avons quelque chose à partager avec eux.»
Malgré la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’archevêque Hammar estime que les revenus de l’Eglise sont assurés. Le gouvernement continuera à collecter un impôt ecclésiastique obligatoire, une sorte de cotisation, auprès des membres. Le fait que le gouvernement collecte ce montant ne devrait pas, dit l’archevêque, compromettre la nouvelle indépendance de l’Eglise.
L’optimisme de Mgr Hammar tranche avec une certaine incrédulité des fidèles, face aux positions d’une Eglise officielle suédoise qui traverse une grave crise. Un Christ homosexuel, des apôtres travestis… dans la ville d’Uppsala, près de Stockholm, une exposition de photos présentée l’an dernier montrant Jésus entièrement nu, baptisé par un homme qui le serre de près avait fait scandale.
Ce scandale avait fragilisé un peu plus encore cette Eglise. Suite à cette exposition, le pape avait refusé de recevoir l’archevêque, numéro un de l’Eglise suédoise. Aujourd’hui, l’homme par qui le scandale arrive, favorable à la bénédiction d’unions homosexuelles, s’est durci vis-à-vis du Vatican. «Je n’ai pas l’intention de changer ma position en faveur de ces bénédictions» pour rencontrer Jean Paul II, assure Mgr Hammar.
Sur 8,8 millions d’habitants, on ne compterait plus que 300’000 pratiquants. Riche, mais désertée, l’Eglise luthérienne de Suède tremble sur ses bases, affronte la crise interne et cherche à séduire les jeunes, qui lui manquent cruellement. (apic/eni/echm/pr)



