Problèmes psycho-sociaux plus élevés qu’ailleurs
Suède: Le stress est plus fort chez les employés de l’Eglise que chez les autres
Stockholm, 21 mai 2004 (Apic) En Suède, le stress est plus fort chez les employés de l’Eglise que chez les autres. Ces employés semblent avoir plus de problèmes psycho-sociaux à cause de leurs conditions de travail que les employés d’autres secteurs, révèle en effet l’Office de l’inspection du travail suédois.
«Je reçois de plus en plus de rapports concernant des conflits dans des paroisses», a fait remarquer début mai Britt-Marie Kjolsrud, une inspectrice de ce bureau, au journal de l’Eglise de Suède «Kyrkans Tidning». De nombreuses plaintes d’employés de l’Eglise portent sur le harcèlement, le stress et l’épuisement, a-t-elle précisé.
Selon les statistiques de 2003, sur 142 plaintes individuelles déposées auprès de cet Office par des employés des Eglises, 62 (soit presque 42%) ont évoqué des raisons sociales ou structurelles, alors qu’elles ne représentaient que 22% des 26 051 plaintes d’employés dans d’autres secteurs.
Le nombre de plaintes enregistrées pour mille employés et concernant des conflits sociaux ou structuraux est considérablement plus élevé dans les Eglises que dans le reste de la société», a ajouté Britt-Marie Kjolsrud. L’Eglise de Suède compte 90% des employés liés aux Eglises dans le pays.
«Avant de pouvoir traiter de ces problèmes, il faut aussi régler les questions concernant l’encadrement. En effet, il est impossible de faire quoi que ce soit tant qu’il n’y a pas de clarté dans l’organisation». Selon Britt-Marie Kjolsrud, il existe quatre raisons à l’origine de ces problèmes: s’il y a une grande ouverture dans certaines agences liées aux Eglises, il existe aussi une peur des conflits; une «culture de la bonté» signifie aussi que les gens travaillent sans limites; certains pasteurs ne veulent pas être des leaders, ce qui provoque une manque de clarté dans l’encadrement; certains employés estiment ne pas avoir besoin d’un leader.
Situation préoccupante
La tache principale de l’Office de l’inspection du travail est de réduire les risques d’ennuis de santé et d’accidents sur le lieu de travail et d’améliorer le cadre du travail sur les plans physique, mental, social et structurel.
Nan Floodwall, secrétaire de l’Association des paroisses de l’Eglise de Suède, qui fonctionne comme une organisation des employeurs chargée des salaires et du bien-être des employés, n’est pas surprise du tout par les résultats de l’enquête. «Nous n’avons pas bien réussi. C’est triste, mais c’est vrai», a confié Nan Floodwall à l’Agence oecuménique ENI qui relate la nouvelle. La situation est préoccupante, admet-elle, tout en promettant que l’Eglise se penchera sur ces problèmes. (apic/eni/pr)



