La tâche missionnaire de tous les baptisés

Suisse: 20 ans du Conseil missionnaire catholique suisse

Zurich, 29 octobre 1997 (APIC) La question de la tâche missionnaire de tous les baptisés a été au centre de la célébration lundi à Zurich du 20e anniversaire, dans sa forme actuelle, du Conseil missionnaire catholique suisse (CMCS). Un nouveau concept directeur a été présenté aux participants. Il invite à mieux proclamer l’Evangile, à renforcer l’engagement pour la justice et la paix et à préparer les chemins du Royaume de Dieu.

«Vous serez mes témoins». Ce verset des Actes des Apôtres figure en exergue du nouveau concept directeur. C’est la tâche missionnaire de tout baptisé d’annoncer et d’être témoin d’un Dieu personnel qui s’est révélé en Jésus-Christ, rappelle le texte. A l’heure où l’on assiste à une crise de la foi chrétienne, à la perte de l’identité ecclésiale, au changement dans l’échelle des valeurs et parallèlement à une recherche individuelle du vrai visage de Dieu, cette tâche est devenue prioritaire. Le Conseil missionnaire catholique suisse se doit donc, en contact avec les Eglises des autres continents, «de contribuer à ce que la Bonne Nouvelle imprègne plus profondément notre vie personnelle, la vie de nos Eglises locales et celle de toute la société.»

Reprenant les termes du Concile Vatican II le concept directeur souligne la nécessité de développer entre les Eglises locales en Suisse et dans le monde «des liens de communion intimes quant aux richesses spirituelles, aux ouvriers apostoliques et aux ressources matérielles». C’est la tâche missionnaire de tout baptisé de «construire des ponts au-delà des frontières et des fossés qui divisent les différentes cultures et religions, de promouvoir le dialogue, d’affermir la dimension œcuménique et tout simplement humaine de la foi et de la vie chrétiennes».

Des vitamines pour l’Eglise en Suisse

Le CMCS a une double fonction. Il est d’un côté la commission spécialisée de la Conférence des évêques suisses pour toutes les questions de la mission, de l’autre il est un organe de concertation entre les divers instituts missionnaires et organisations qui y sont représentés. Au nom des évêques suisses, Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, a remercié le CMCS d’être la «vitamine» de l’Eglise suisse qui lui permet de sortir de la tentation de la sédentarité.

La célébration eucharistique du jubilé a d’ailleurs permis à des représentants des Eglises du Sud de s’exprimer. Sœur Ida Mularikal, une religieuse de Menzingen indienne, a souligné que la solidarité avec le prochain ne devait pas être «déléguée» aux missionnaires mais appartenait à tous les baptisés. Il ne s’agit pas non plus d’une voie à sens unique, mais d’un don réciproque dans le partenariat et le dialogue. L’Eglise est en croissance en Inde, le dialogue avec les autres religions et les autres philosophies est essentiel, relève-t-elle.

Justin Kahamaile, du Congo -Kinshasa, s’est dit impressionné par le ton et l’esprit du nouveau concept directeur en particulier de voir que l’Eglise n’oublie pas qu’elle est aussi une communauté humaine avec ses erreurs mais toujours en recherche. Il souhaite que l’Eglise à l’avenir évite ce qui s’est trop souvent produit dans le passé: a savoir le dédain de l’Afrique et l’indifférence devant les injustices et les violences qui y sont commises. (apic/wm/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!