Suisse: 23 organisations catholiques en campagne contre la révision de la loi sur l’asile
«Ou vivront-ils en sécurité ?»
Berne,
(APIC) 23 organisations catholiques suisses, des œuvres d’entraide aux congrégations religieuses, en passant par les mouvements d’Action catholique s’apprêtent à lancer une vaste campagne contre la révision de la loi sur l’asile et l’arrêté urgent soumis au vote du peuple suisse le 13 juin. Si ces dispositions sont acceptées, le droit d’asile pour les personnes persécutées ne sera plus garanti en Suisse.
«A leur place, nous serions aussi nombreux à chercher le salut dans la fuite». Jean Claude Huot, secrétaire de la Commission Justice et paix de la Conférence des évêques suisses, se plaît à rappeler ces propos tenus par le Conseiller fédéral Arnold Koller au sujet du Kosovo le 20 octobre 1998.
41’000 requérants d’asile sont arrivés en Suisse en 1998, outre une majorité d’Albanais, il y avait aussi des Angolais, des Kurdes, des Tamouls… cherchant à se protéger de la violence et des persécutions. Or la nouvelle loi et l’arrêté urgent contiennent un catalogue de motifs permettant de ne pas entrer en matière sur les demandes d’asile. Conçues pour empêcher les abus des étrangers qui détruisent leurs papiers dans le but de rester en Suisse pour d’autres motifs que l’asile, ces mesures risquent surtout en fait de porter atteinte aux droits des «vrais» réfugiés, relèvent les organisations catholiques.
Sous le titre «Où vivront-ils en sécurité ?», le tract de la campagne choisit deux situations chocs fictives mais pourtant tout à fait vraisemblables et surtout possibles. Le cas d’un homme torturé dans son pays et qui n’a pour légitimation qu’une photocopie de son acte de naissance. Estimant ce document insuffisant les autorités refusent d’entrer en matière sur sa demande d’asile. La loi lui laisse 24 heures pour faire recours, il ne connaît ni les langues ni les procédures suisses. Le renvoi est exécuté. Le deuxième cas concerne une femme assignée à résidence à l’aéroport et renvoyée dans un pays tiers avant d’avoir pu contacter son mandataire pour faire valoir ses droits. «Nous disons deux fois non ! Et vous qu’en dites-vous?» concluent les organisations catholiques. (apic/com/mp)



