271e Assemblée ordinaire de la CES à Villars-sur-Glâne

Suisse: Abbé Felix Gmür, nouveau secrétaire général de la Conférence des évêques suisses

Berne, 2 mars 2006 (Apic) L’abbé lucernois Felix Gmür, jeune prêtre du diocèse de Bâle, sera dès cet été le nouveau secrétaire général de la Conférence des évêques suisses (CES). Il succède à l’abbé Agnell Rickenmann, en poste depuis le 1er janvier 2001, qui a remis sa démission pour la fin juin.

A l’occasion de sa 271e assemblée ordinaire, qui s’est tenue du 27 février au 1er mars au Séminaire diocésain de Lausanne-Genève-Fribourg, à Villars-sur-Glâne, la CES a également présenté la brochure «L’image de l’Autre», sur la thématique de l’Autre et de l’étranger. Cet important document d’une quarantaine de pages, édité par la CES et la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), est publié 40 ans après la déclaration du Concile Vatican II «Nostra Aetate sur l’Eglise et les religions non chrétiennes». C’est le fruit d’un échange de réflexions de la Commission de dialogue judéo/catholique-romaine de Suisse (CDJC), co-présidée par les prof. Ernst Ludwig Ehrlich et Verena Lenzen.

Un candidat à la hauteur

Prêtre depuis 7 ans, Felix Gmür, qui fêtera ses 40 ans le 7 juin prochain, est actuellement vice-recteur du séminaire diocésain à Lucerne et collaborateur dans les paroisses de Menzingen et de Neuheim. Il a fait ses études de philosophie à la «Hochschule für Philosophie» de Munich ainsi qu’au Centre Sèvres à Paris, et sa théologie aux Universités de Fribourg et Munich. De 2001-2004, il a poursuivi des études en théologie biblique à l’Université Grégorienne à Rome.

Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle et vice-président de la CES, a souligné que le candidat alliait les deux qualités requises: d’un côté d’excellentes connaissances théologiques et philosophiques, ainsi qu’une expérience paroissiale, de l’autre des compétences au niveau organisationnel, par sa fonction au séminaire de Lucerne. Certes, les évêques auraient pu choisir un laïc, mais un secrétaire général des évêques travaillant au niveau international est confronté à des collègues qui sont prêtres, voire évêques.

Commentant la nouvelle publication de la CDJC intitulée «L’image de l’Autre» (*), à une époque où l’antisémitisme, le racisme et la haine de l’étranger menacent à nouveau, Ernst Ludwig Ehrlich a rappelé qu’en Suisse, juifs et chrétiens vivent ensemble depuis 130 ans «sans réellement nous connaître dans nos spécificités». La Commission de dialogue a essayé de voir «ce que nous avons en commun et ce qui nous divise». E. L. Ehrlich a reconnu que, concernant les juifs, «l’Eglise catholique a accompli un tournant décisif dans sa théologie» depuis le Concile Vatican II, «même si les fruits de ce tournant n’ont pas rejoint la base partout!»

Le judaïsme est «la mère» du christianisme

Le professeur juif a relevé que de nombreuses déclarations de l’Eglise catholique signalent que «nous avons à nous accueillir mutuellement, non pas au prix de notre foi, mais à partir de ses profondeurs». Mgr Koch a alors souligné que le judaïsme est «la mère» du christianisme, et que ce dernier ne pourrait vivre sans lui. Et de mettre en garde contre le risque de «déjudaïsation» du catholicisme.

L’évêque de Bâle a aussi regretté qu’auprès de la population, et même chez certains responsables pastoraux, le dialogue judéo-chrétien était encore trop peu connu. A cela s’ajoute souvent l’ignorance du fait qu’Hitler n’était pas seulement un antisémite, mais également un adversaire acharné du christianisme, car il voyait en lui – en particulier le catholicisme – un «cheval de Troie du judaïsme».

Evoquant les quasi 2’000 ans durant lesquels il y avait entre chrétiens et juifs non seulement de l’ignorance, mais surtout des sentiments hostiles, E. L. Ehrlich a souligné les liens qui en fait les unissent: «le fondement qui nous est commun est la Bible hébraïque, et en grande partie aussi les Evangiles, car Jésus et ceux qui l’entouraient étaient tous des juifs». Et de rappeler que le nouveau pape, Benoît XVI, a poursuivi sur les pas de Jean Paul II. Lors des dernières Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), en août dernier, il s’est rendu à la synagogue de Cologne. «Il n’y a pas de rupture entre ces deux papes, cela continue!»

Interrogé sur la rencontre entre les évêques suisses et le parti démocrate-chrétien (PDC), qui doit notamment porter sur l’identité chrétienne du parti – le fameux «C» -, Mgr Koch a relevé qu’elle devait se passer en toute discrétion. Ainsi la date, le lieu et les participants resteront jusqu’au bout secrets, pour ne pas qu’il y ait des pressions. Quant au fait que le PDC veuille publier un document sur la problématique de l’intégration des musulmans en Suisse, Mgr Koch estime qu’il est bien que ce sujet soit effectivement traité. JB

Encadré

Réorganisation du travail du secrétariat général

Le point fort des consultations de l’assemblée de la CES a été la réorganisation du travail du secrétariat général – qui résultent du travail entrepris par le consultant en entreprises Viktor Schiess – ainsi que des commissions. Moins nombreuses, elles devront à l’avenir être plus flexibles et plus en phase avec l’actualité. Les évêques des quatre nouveaux départements (»Foi, annonce et formation», «Ministères et Services d’Eglise», «Pastorale» et «Eglise et Monde») se retrouveront prochainement pour définir la marche à suivre. Avec la restructuration des tâches à l’intérieur des départements, la méthode de travail du secrétariat général sera également réorganisée.

La CES a approuvé le principe de la mise sur pied d’une commission paritaire – composée de huit membres, soit à parts égales des responsables de la pastorale et des institutions de financement – dans le sens du rapport final de «PaPriKa», le groupe de travail pour les «priorités pastorales et réalités financières dans l’Eglise catholique en Suisse». Cette nouvelle commission devrait permettre une meilleure coordination entre planification pastorale et financement.

En lien avec l’année des vocations en Eglise, la CES a également émis des «Lignes directrices pour la consécration des vierges». Cette redécouverte de vocations de gens qui poursuivent leurs activités professionnelles dans la société, mais veulent vivre ce chemin à la suite du Christ dans une forme officiellement reconnue par l’Eglise, ne concerne chaque année qu’une poignée de personnes dans les divers diocèses. Mais il s’agit d’une demande en augmentation, a précisé Mgr Kurt Koch. JB

(*) La brochure «L’image de l’Autre» est disponible à l’Institut pour la Recherche judéo-chrétienne à l’Université de Lucerne, à la Fédération suisse des communautés israélites et au secrétariat de la Conférence des évêques suisses. Le texte est disponible également sous l’adresse: www.sbk-ces-cvs.ch

Des illustrations de cet article peuvent être commandées à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: info@ciric.ch Dorénavant, les photos de CIRIC peuvent être commandées automatiquement par internet sur le site www.ciric.ch (apic/be)

2 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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