Médicaments contre la malaria, la Déclaration de Berne réagit

Suisse: Accord Novartis-OMS

Berne, 25 avril 2005 (Apic) L’accord exclusif qui lie l’OMS à Novartis ne parvient pas à garantir l’approvisionnement de nouveaux médicaments anti- malaria à base d’artémisinine. Les pays africains font les frais de cet accord, dénonce la Déclaration de Berne.

La Déclaration de Berne s’élève contre l’accord exclusif qui lie l’OMS à Novartis. Cet accord ne parvient pas à garantir l’approvisionnement de nouveaux médicaments contre la malaria à base d’artémisinine. Pour raison de pénurie. Dans un communiqué paru le 25 avril, la Déclaration de Berne indique que «les pays africains sont contraints d’utiliser les anciens médicaments, inefficaces». A l’occasion de la Journée africaine contre le paludisme 2005, la Déclaration de Berne a écrit à Novartis pour qu’elle change sa politique.

Chaque année la malaria touche 300 à 500 millions de personnes et en tue plus d’un million. 90% des décès surviennent en Afrique subsaharienne. Le paludisme y est la première cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. C’est aussi un véritable fléau qui pèse sur le développement économique du continent. Un des facteurs de la crise en Afrique est la résistance grandissante de l’agent infectieux aux médicaments utilisés jusqu’alors (chloroquine par ex.).

La DB demande à Novartis de revoir son accord avec l’OMS

A l’heure de la Journée africaine contre le paludisme 2005 (Africa Malaria Day) du 25 avril, 34 pays africains à ce jour ont intégré dans leur protocole national contre le paludisme des nouveaux traitements efficaces à base d’artémisinine. 19 ont opté pour l’artémether-luméfantrine, une préparation dont Novartis détient les droits exclusifs de production et de commercialisation dans le monde (Coartem®/Riamet®), rappelle la Déclaration de Berne. En 2001, suite à un accord avec l’OMS, Novartis s’est engagée pendant une période de 10 ans à fournir le Coartem® à prix coûtant au secteur public et aux organisations non gouvernementales dans les pays en développement, sur la base des commandes de l’OMS.

En outre la DB soupçonne Novartis de vouloir augmenter le prix coûtant du Coartem®, ce qui le rendra moins accessible. L’accord exclusif qui lie l’OMS à Novartis ne garantit pas aux pays africains un approvisionnement durable et bon marché en médicaments à base d’artémisinine, avertit la DB.

La Déclaration de Berne a envoyé une lettre à Daniel Vasella, président du Conseil d’administration de Novartis. Elle demande à Novartis de revoir son accord avec l’OMS pour que cette dernière puisse s’approvisionner auprès de producteurs d’autres associations à base d’artémisinine. Elle demande aussi que Novartis renonce à ses brevets sur le Coartem® dans les pays en développement afin de permettre à d’autres producteurs de fabriquer le médicament.

La Déclaration de Berne est une association suisse qui s’engage pour des relations Nord-Sud plus équitables, par des campagnes d’information et du lobbying auprès des décideurs. (apic/com/vb)

25 avril 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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