Suisse: Accusé d’attaquer Rome par un hebdomadaire alémanique proche de Pro Ecclesia

Mgr Peter Henrici refuse la polémique sur «Dominus Iesus»

Baden/Zurich,

(APIC) Accusé d’attaquer Rome dans une lettre adressée à ses collaborateurs, Mgr Peter Henrici refuse d’alimenter la polémique sur «Dominus Iesus». La «Schweizerische Katolische Wochenzeitung (SKW) a fait d’une souris un éléphant», estime l’évêque auxiliaire du diocèse de Coire, évoquant l’article du rédacteur en chef de l’hebdomadaire catholique conservateur publié à Baden et proche de Pro Ecclesia et de Mgr Haas.

«Lisez la lettre que j’ai écrite», s’est borné à répondre jeudi 11 janvier le vicaire général de Zurich et Glaris Zurich, par l’intermédiaire du secrétaire général de la CES, Agnel Rickenmann. Le rédacteur Christoph Ebnöther a extrait quelques phrases de la lettre de quatre pages que Mgr Henrici a envoyé de façon privée à ses collaborateurs des cantons de Zurich et de Glaris, pour l’Avent. Le rédacteur de la SKW n’hésite pas à inscrire l’évêque auxiliaire dans la ligne du théologien suisse Hans Küng, très critique à l’égard de Rome. Selon le théologien lucernois, Mgr Ratzinger aurait fait une mauvaise interprétation des textes du concile et aurait déformé l’esprit de Vatican II, «transformant une porte ouverte vers l’avenir en une porte se refermant sur le passé».

Amalgame erroné

Selon l’hebdomadaire alémanique, l’évêque auxiliaire du diocèse de Coire «irait beaucoup plus loin que le scepticisme de ses confrères et regretterait l’accord de la CES avec le contenu, si ce n’est avec la forme, du document du magistère romain en décembre dernier. Christoph Ebnöther rappelle également que l’évêque auxiliaire du diocèse de Coire s’était excusé auprès des autres Eglises chrétiennes après la parution de «Dominus Iesus», attitude» saluée par les professeurs de théologie de Lucerne». «C’est un amalgame tout à fait erroné, explique Agnel Rickenmann, qui souligne que Mgr Henrici ne désire pas entrer en polémique avec la «Schweizeriche Katholische Wochenzeitung», pas plus qu’avec le quotidien zurichois «Blick» dont l’affichette de jeudi 11 janvier titrait, à la devanture de tous les kiosques: «Un évêque suisse s’en prend au pape».

Après la remise au goût du jour des indulgences et la béatification controversée du pape Pie IX, «Dominus Iesus» est arrivée comme une troisième douche froide sur l’œcuménisme et sur les relations très suivies dans le canton de Zurich durant l’année du jubilé, écrit Mgr Henrici, dans le paragraphe de sa lettre aux agents pastoraux sur la situation œcuménique. La parution du document du Vatican a été «aussi malheureuse que salutaire», nuance aussitôt Mgr Henrici.

Un choc salutaire

Malheureuse, parce «Dominus Iesus» mélange la problématique des relations entre les Eglises chrétiennes avec celle, d’un tout autre ordre, du dialogue interreligieux. «Dominus Iesus donne un raccourci des déclarations de Vatican II sur l’œcuménisme «sans nuance et qui déforme la vérité» et ne réserve presqu’aucune place à la mise en valeur des progrès réjouissants de l’unité des chrétiens, estime encore Mgr Henrici dans sa lettre destinée à l’usage interne. La formulation adoptée par le Vatican est tellement maladroite que «le pape et maints collaborateurs de haut rang de la curie se sont vus contraints à des mises au point et à des justifications».

Mgr Henrici qualifie cependant de salutaire le choc provoqué par «Dominus Iesus». La déclaration a entraîné une intensification et un approfondissement du dialogue œcuménique, estime l’évêque. Il est apparu clairement que l’œcuménisme ne pouvait pas seulement se vivre de façon pragmatique mais que «nous devions également débattre de nos conceptions respectives de l’Eglise». A l’heure où l’Eglise réformée se pose la question de son identité, les catholiques se doivent d’être clairs sur la signification d’une Eglise du Christ existant au travers de plusieurs Eglises et dont l’idéal reste d’être «une et sainte» , explique encore Mgr Henrici dans sa lettre pastorale. (apic/job/gs/mjp)

11 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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