L’engagement contre l’impunité peut empêcher de nouveaux crimes
Suisse: Action de solidarité à l’occasion de la Journée des droits de l’homme, le 10 déc.
Fribourg,
(APIC) Suisse: Action de solidarité à l’occasion de la Journée des droits de l’homme, le 10 déc., estiment les ONG suisses, dans leur campagne nationale pour la Journée des droits de l’homme, le 10 décembre prochain. L’action «Stop à l’impunité: votre signature fait le poids!», – thème de la prochaine campagne – est soutenue par les trois Eglises nationales. La campagne 99 met l’accent sur deux pays latino-américains: le Guatemala et la Colombie, deux pays au centre d’une actualité faite de violence. Et d’impunité.
Les 30’000 assassinats annuels en Colombie, perpétrés dans la plus totale impunité, et le meurtre de Mgr Juan Girardi, évêque auxiliaire de Guatemala Ciudad, le 24 avril 1998, font l’objet des pétitions de la campagne 1999. L’une est adressée au président colombien Pastrana, l’autre à son homologue du Guatemala, Alvaro Arzu.
L’an dernier, quelque 30’000 signatures ont été adressées au Bhoutan, pour la libération de Tek Nath Rizal, et à la Tunisie, en faveur de Khémais Ksila. Ce dernier, libéré mais affaibli, a aujourd’hui retrouvé sa famille, après deux ans d’emprisonnement. Quant à Tek Nath Rizal il croupit toujours dans les geôles du Bhoutan, malgré son état de santé préoccupant.
Comme chaque année, l’action est soutenue par les trois Eglises nationales: la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse, la Conférence des évêques suisses et l’Eglise catholique chrétienne. La Journée du 10 décembre est organisée en Suisse par le groupe de travail «Droit de l’homme» de la Commission des évêques «Justice et Paix», par la Commission «Droits humains» de la Fédération des Eglises protestantes, ainsi que par l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), Christian solidarity International (CSI), Amnesty international – section suisse -, et Pax Christi.
La première pétition est adressée au président de la république de Colombie, Andrés Pastrana. Elle dénonce la spirale de la violence qui, chaque année, coûte la vie à des milliers de civils dans ce pays. «Le conflit entre l’armée et la guérilla ne peut en aucun cas justifier les exactions commises par les groupes paramilitaires contre les hommes politiques, les défenseurs des droits humains et d’autres militants sans défense. Nous sommes convaincus, écrivent les pétitionnaires, que l’escalade de la violence ne cessera que lorsqu’un terme sera mis à l’impunité». Ces mêmes pétitionnaires demandent que l’assassinat du syndicaliste Josué Giraldo Cardona soit éclairci; que cessent les intimidations et les exactions contre «Justicia et Paz» et le projet «Nunca mas», que les défenseurs des droits de l’homme puissent jouir d’une protection officielle…
Se donner les instruments juridiques
Dans la seconde pétition, adressée à Alvaro Arzù, président du Guatemala, les pétitionnaires exigent de lui qu’il ordonne une enquête exhaustive sur le meurtre de Mgr Gerardi, afin d’aboutir à la condamnation des coupables. Des coupables qui, selon toute vraisemblance, portent l’uniforme de l’armée, avec de hauts grades qui plus est. Le meurtre de l’évêque auxiliaire de Guatemala Ciudad avait été commis deux jours après la présentation par le prélat du rapport «Guatemala: Nunca màs!». Ce rapport décrit les atrocités commises par l’armée durant les 36 ans de guerre civile.
Dans leur lettre de soutient à cette Journée, les trois Eglises nationales relèvent que l’impunité doit être combattue. «Rendre la justice est nécessaire pour rompre le cercle vicieux de la violence», écrivent-elles, avant d’inviter les fidèles à signer les pétitions.
Invitation aux gouvernements
Pour les Eglises, l’humanité entière doit se donner les instruments juridiques nécessaires pour que les auteurs des violations des droits humains rendent compte de leurs actes et que les victimes obtiennent réparation. Elles espèrent que la communauté des Etats poursuivra dans cette voie. «Les signatures apposées au bas des pétitions proposées dans le cadre de l’action pour la Journée des droits de l’homme ont un poids certain, estiment les Eglises, qui invitent les gouvernements à assumer leur responsabilité face aux victimes des violations des droits humains». (apic/com/tg/pr)




