Contre la violence domestique
Suisse: Amnesty International en campagne pour la Journée internationale des femmes
Berne/Lausanne, 6 mars 2006. A l’occasion de la Journée internationale des femmes, la Section suisse d’Amnesty International lance une tournée contre la violence domestique dans notre pays. Un mobil home traversera six cantons dès le 8 mars et jusqu’à la mi-octobre.
En Suisse romande, le bus d’Amnesty International Section suisse sillonnera les routes du Jura en mai et du Valais en août. Le but : sensibiliser le public à une violation des droits humains largement répandue, la violence domestique, et faire pression sur les autorités cantonales pour qu’elles renforcent leur lutte contre cette violence spécifique.
Un mobil home et un forçomètre (appareil qui mesure la force) seront installés dans différentes villes de six cantons suisses ces prochains mois, à commencer par St-Gall dès le 8 mars, suivi des cantons de Schwyz, Jura, Valais, Grisons et Tessin. Le but de cet instrument de mesure est de sensibiliser le public, et en particulier les hommes et les jeunes, à leur force physique.
Comme l’a rappelé Stella Jegher, coordinatrice de la campagne, «la violence domestique n’est hélas pas comprise comme une violation des droits humains». Et pourtant, la violence domestique est la violation des droits humains la plus répandue : elle cause chaque année des dizaines de milliers de morts dans le monde – par exemple 14’000 en Russie uniquement, et une quarantaine en Suisse, si l’on se base sur des coupures de presse, car il n’existe pas de statistiques globales au niveau fédéral. Rien qu’au mois de février 2006, les médias ont relevé au moins quatre femmes tuées en Suisse par leur conjoint. En 2005, 10 meurtres sur les 14 recensés dans le canton de Zurich ont été commis dans un contexte de violence domestique.
Pour garantir à chacun les droits humains également dans la sphère privée, des mesures concertées sont nécessaires, à côté des lois. Comme le développement de structures d’accueil pour femmes ayant souffert d’actes de violence, des programmes efficaces pour les auteurs de violence, la formation des professionnels (de la police, du milieu médical, etc.), un travail de prévention dans les écoles, et bien d’autres mesures. Amnesty International se base sur standards internationaux en matière de droits humains pour revendiquer de la part des cantons davantage de ressources pour la lutte contre la violence domestique.
Migrantes particulièrement victimes de la violence de leur conjoint
Le canton de St-Gall a fait oeuvre de pionnier en Suisse en adoptant une mesure d’éloignement du conjoint violent du domicile. D’autres mesures positives ont été prises mais leur mise en oeuvre tarde encore: le bureau de coordination manque des ressources nécessaires; les populations rurale et étrangère en particulier ne connaissent pas les législations actuelles et l’offre de programmes pour les hommes violents n’est pas suffisamment utilisée. De plus, le canton de St-Gall, de même que les autres cantons suisses, devrait user de sa marge de manoeuvre pour que les migrantes victimes de violence domestique reçoivent une prolongation de leur droit de séjour en Suisse sans que celui-ci dépende du droit de séjour de leur mari.
Amnesty veut rappeler que la contribution des hommes contre la violence domestique est essentielle. Ce sont encore eux qui dominent le monde actuel. Ce sont eux qui doivent mettre leur force et leur position au service de la lutte contre la violence domestique». Programme de la campagne sur www.amnesty.ch/tournee2006 (apic/com/vb)



