Suisse: Amnesty Section suisse publie un «guide» pour le Salon de la bijouterie de Bâle
Les «diamants de la guerre»
Berne/Lausanne, 28 mars 2006 (Apic) Amnesty International Section suisse et Global Witness publient un guide sur les «diamants de la guerre», à l’occasion du Salon international de la bijouterie à Bâle, qui se tiendra du 30 mars au 6 avril. Les ONG invitent à se renseigner sur la provenance des pierres précieuses.
Amnesty International Section suisse et Global Witness (une ONG britannique qui mène des investigations sur l’exploitation des ressources naturelles) présentent un guide d’achat à l’intention des personnes intéressées par l’acquisition d’un bijou. Ces dernières devraient s’assurer que les diamants vendus par le bijoutier n’ont pas contribué à financer des conflits armés. Les deux organisations seront présentes avec un stand au Salon de Bâle pour sensibiliser le public et les professionnels de la branche.
Le guide publié par Amnesty International et Global Witness donne quelques directives simples à suivre. Il recommande d’appliquer à la règle traditionnelle des quatre « c » (couleur, coupe, clarté et carat), un cinquième « c » : exempt de Conflit.
Actuellement, les diamants issus de mines sous contrôle rebelle en Côte d’Ivoire, pays en proie à de violents affrontements, commencent à inonder les marchés internationaux.
Les groupes rebelles financent les conflits avec les diamants
Dans certaines régions du monde, en particulier en Afrique, «les diamants financent la haine», affirme le communiqué d’Amnesty. Les Seigneurs de la guerre et les groupes rebelles de pays tels que l’Angola, la République démocratique du Congo, le Libéria et la Sierra Leone ont réalisé des milliards de dollars de profits avec la vente de diamants provenant de mines sous leur contrôle. Finançant ainsi des guerres dévastatrices qui ont coûté la vie à plus de 3,7 millions de personnes.
Les industriels du diamant doivent tenir leur promesse : ils se sont engagés, dans le cadre du Processus de Kimberley, à mettre un terme au trafic illégal des diamants de la guerre. Le Conseil Mondial du diamant a initié un système volontaire de garanties et la Confédération internationale de la Bijouterie, Joaillerie et Orfèvrerie (CIBJO) a développé un code éthique à l’intention des professionnels de la branche. Ce code stipule clairement que «les blessures et souffrances endurées par les populations locales lorsque des conflits éclatent dans des zones d’exploitation de diamants sont inacceptables, tout comme le profit que certains essaient de tirer de tels conflits.»
Selon Amnesty, les recommandations aux acheteurs potentiels de pierres précieuses doivent connaître la provenance des diamants vendus et demander une garantie écrite du fournisseur sur place, stipulant que les diamants ne sont pas des diamants de la guerre Pour Danièle Gosteli Hauser, responsable de l’économie et des droits humains auprès d’Amnesty International en Suisse, il est primordial d’exiger systématiquement des certificats de garantie. (apic/com/vb)



