Non à la justification religieuse de la violence
Suisse: Appel à la paix des représentants des grandes religions
Genève,
(APIC) Le 54e anniversaire de la signature de la charte des Nations Unies a été marqué dimanche 24 octobre à Genève par un événement interreligieux exceptionnel. Des représentants des grandes religions et du monde international se sont rassemblés à la cathédrale St-Pierre pour lancer au monde un appel à la paix. Adressé aux «décideurs planétaires», celui-ci les invite en particulier à renoncer à justifier la violence, la discrimination et à l’exclusion par des motifs religieux ou spirituels.
L’Organisation des Nations Unies a été créée dans le but de «promouvoir la paix» au lendemain de la seconde guerre mondiale. Mais la violence, hélas, n’a pas que des causes politiques ou économiques. La religion peut également devenir source de violence. A preuve, on dénombre actuellement sur la planète quelque 56 conflits ayant pour origine des dissensions religieuses. C’est pourquoi les représentants des principales religions présentes à Genève ont décidé de «monter au créneau», en condamnant d’une même voix toute justification religieuse de la violence, contraire aux principes mêmes de leurs croyances respectives tout comme des grandes organisations internationales.
Ce n’est pas la première fois que les grandes religions se rencontrent à Genève pour une action et une célébration communes. Ainsi que l’a rappelé le pasteur William McComish, de l’Eglise nationale protestante, des ecclésiastiques de différantes familles religieuses avaient déjà collaboré l’an dernier lors du crash du vol SR 111, pour accueillir et soutenir les familles. Quelques jours plus tard, ils s’étaient retrouvés à la cathédrale St-Pierre, pour un service religieux à la mémoire des victimes. Ce rapprochement leur a permis de mieux se connaître. C’est donc tout naturellement qu’ils ont répondu à l’invitation de Walter B. Gyger, ambassadeur et représentant permanent de la Suisse auprès des organisations internationales, lorsque celui-ci leur a suggéré d’organiser une célébration pour marquer la journée des Nations Unies.
Le dimanche 24 octobre, des représentants des religions musulmane, juive et bouddhiste, ainsi que des différentes confessions chrétiennes, se sont ainsi retrouvés à la cathédrale pour dire ensemble leur refus de la guerre, de la discrimination et de l’exclusion, et pour «délégitimer» toute justification religieuse de la violence. Au fil de la célébration, 54 bougies ont été allumées dans le chœur de la cathédrale, symbolisant les 54 ans de la charte onusienne. L’abbé Jean-Paul de Sury, délégué épiscopal, a rappelé que pour un chrétien, la vérité n’est pas quelque chose mais Quelqu’un: elle ne saurait donc être les artisans afin d’agir à l’imitation de notre Créateur.
Maxim Pothos, vicaire général de l’archevêché orthodoxe de Suisse, a transmis à l’assemblée le message de Mgr Damaskinos, dans lequel le métropolite de Suisse invite chacun à lutter de toutes ses forces afin de servir les hommes sans distinction de race ni de religions. Hafid Ouardiri, de la communauté musulmane, a précisé que la paix, selon l’islam, est un des attributs de Dieu et qu’un musulman se doit donc d’édifier la paix, et de s’engager en faveur de l’équité et de la justice. Hélène Mokry, de l’Eglise catholique-chrétienne, a évoqué l’action du curé Hyacinthe Loison, pionnier du rapprochement entre les religions, pour lequel l’Eglise est le rassemblement de tous les hommes. Le Vénérable Dhammika, représentant du bouddhisme, a exprimé par un chant, tiré de la «Bible» bouddhiste, sa conviction que la haine ne s’apaise jamais par la haine, mais par l’amour.
L’appel – également signé par Cornelio Sommaruga, président du CICR, Mary Robinson, Haut commissaire des Nations Unies au Droits de l’Homme et Sadako Ogata, Haut commissaire des Nations Unies aux Réfugiés – va être envoyé à divers décideurs politiques. Il a aussi été largement distribué dans le public, afin que chacun puisse le faire connaître et signer autour de lui. (apic/gth/tg)




