Catholiques, protestants, juifs et catholiques chrétiens ensemble

Suisse: Appel des communautés religieuses pour le dimanche et le sabbat des réfugiés

Berne/Fribourg/Zurich, 11 juin 2009 (Apic) Catholiques, protestants, juifs et catholiques chrétiens font front commun en vue du dimanche et du sabbat des réfugiés, les 20 et 21 juin prochains. Dans leur appel publié jeudi 11 juin, ces communautés religieuses désirent «mettre en question les préjugés», sans cependant citer nommément les milieux politiques qui font de la xénophobie leur fonds de commerce.

«Les réfugiés quittent leur pays d’origine parce qu’ils n’ont pas le choix. Ils fuient pour échapper à la persécution et à l’exclusion, souvent même à l’oppression, à la violence et à la torture. Ils s’exposent pour ce faire à un avenir incertain dans un pays étranger qui leur promet une vie meilleure», expliquent les signataires de l’appel, à savoir Mgr Kurt Koch, président de la Conférence des évêques suisses (CES), le pasteur Thomas Wipf, président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), Herbert Winter, président de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), et Harald Rein, vicaire épiscopal de l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse.

Faire front commun contre les préjugés

La Suisse accueille des personnes qui ont besoin de protection. Tous les réfugiés qui demandent l’asile dans le pays doivent se soumettre à une procédure juridique: c’est la loi qui définit les motifs suffisants ou non pour l’octroi de l’asile. «Mais souvent, les réfugiés sont encore confrontés à d’autres jugements: des jugements de l’ordre du préjugé. Il n’est pas rare qu’on les soupçonne globalement de s’adonner à des activités criminelles ou de vouloir uniquement profiter de notre pays», notent les leaders religieux.

Ces jugements à l’emporte-pièce sont jugés discriminatoires par les signataires de l’appel. «Ils ne sont pas en accord avec la tradition humanitaire dont se réclame notre pays, ni avec la volonté d’octroyer une protection à ceux qui en ont besoin. Quand bien même s’il y a des abus: ce ne sont pas les personnes, mais leur origine, que les préjugés mettent au premier plan. En tant que représentants des Eglises et communautés religieuses, nous appelons ensemble nos fidèles à porter un regard critique sur les préjugés à l’égard des réfugiés».

L’appel que lancent les leaders religieux suisses à l’occasion du dimanche et du sabbat des réfugiés veut mettre en garde contre la tentation des gens de fermer leur coeur vis-à-vis de ceux qui ont besoin de protection. Il invite la population suisse à respecter les réfugiés en tant que personnes au destin individuel «qui ont le droit d’attendre de notre part autre chose que condamnation et rejet». (apic/com/be)

11 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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